Éditorial : Vision royale

Le discours du Trône de cette année se voulait une réaffirmation du projet de société que S.M le Roi Mohammed VI nourrit pour le Maroc depuis son intronisation en juillet 1999. Une société moderne, démocratique et développée, basée sur la citoyenneté, la méritocratie, la sanction  et l’égalité des chances. C’est dans ce cadre que s’inscrit, par exemple, l’annonce royale d’octroyer désormais  la nationalité  marocaine à un enfant né d’un mariage entre une Marocaine et un père étranger. Réforme de taille qui procède de la volonté du Souverain de garantir la cohésion de la cellule familiale et la protection des enfants qui sont les premières victimes de la dislocation d’un couple.
Le développement réel et durable d’une nation ne se construit ni sur les investissements faciles ni sur l’accumulation stérile du capital, encore moins sur les signes extérieurs de richesse. Il se construit sur deux piliers incontournables car fondamentaux:  l’éducation dans son acception la plus large et un appareil judiciaire juste qui applique la loi en toute impartialité. Si ces deux fondations sont solidement posées , le reste suivra : la croissance économique, le bien-être social et une citoyenneté positive. 
Le Souverain en est conscient, qui a décidé la mise en place d’un Conseil supérieur de l’enseignement et appelé à la poursuite de la réforme de la justice  pour qu’elle soit indépendante et intègre. Force est de constater que sur deux chantiers, beaucoup reste à faire pour que l’homme marocain soit placé réellement au centre de tout. S’agissant du système éducatif, il continue, malgré la réforme de la Cosef, à fonctionner à deux vitesses avec un pôle public jugé encore médiocre et un pôle privé d’excellence fréquenté par les enfants dont les parents ont les moyens. Ce qui ne garantit guère l’égalité des chances devant l’école et par conséquent retarde l’émergence d’un facteur humain de qualité ayant le sens du civisme et de la responsabilité. Quant à la justice, elle est encore malheureusement  lestée d’une réputation peu flatteuse, notamment de la part de la communauté des affaires qui aspire à évoluer dans un environnement économique sain inspirant confiance. À cet effet, S.M le Roi Mohammed VI a réitéré son engagement ferme en faveur d’une économie libérale créatrice de richesses et de valeur ajoutée, fustigeant par la même l’économie de rente ( y compris bancaire)  qui n’a créé jusqu’ici que des riches et représente de ce faite un frein à la création de projets productifs . Les décorations décernées par le Souverain à un aréopage d’hommes d’affaires à cette occasion représentent un signal fort. En effet, celui-ci  est très significatif de la vision royale qui soutient les “entreprises citoyennes“ résolument engagées dans les grands chantiers de développement économique du pays. Tout en appelant le secteur privé à s’investir dans cette grande œuvre, il n’oublie pas de rappeler le soutien pas encore acquis que mérite les PME au Maroc et l’importance à faire des prochaines  assises de l’emploi  une “rupture“ avec les méthodes du passé. Tout un programme.

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