Formation du gouvernement : Le choix des ministres déchire violemment l’USFP

Formation du gouvernement : Le choix des ministres déchire
violemment l’USFP

Mohamed Elyazghi a finalement levé le mystère sur le nombre des postes ministériels qui seront octroyés à l’USFP, objet de la tension qui divise depuis dimanche dernier le Premier secrétaire et les membres de son bureau politique. Critiqué par ses pairs de vouloir faire mystère de ses négociations avec le Premier ministre Abbas El Fassi, après s’être contenté dimanche dernier de "débiter des généralités sur l’architecture du prochain gouvernement", M.Elyazghi a fini par céder et montrer que l’objet de ses négociations avec le Premier ministre ne portait pas tant sur la structure du prochain cabinet que sur le nombre de portefeuilles qui seront attribués à l’USFP. Ce qui a fait l’objet de la réunion convoquée "en dernière minute" mercredi dernier par le Premier secrétaire, et qui se déroulera dans la nuit de mercredi à jeudi à Rabat. Lors de cette réunion, M. Elyazghi a révélé que les ministères qui seront octroyés à l’USFP seront au nombre de 4 (bien quatre), au lieu de 5 revendiqués précédemment par le parti socialiste. L’USFP s’est finalement alignée sur les exigences du Premier ministre El Fassi, après avoir revendiqué un nombre de portefeuilles qui correspondrait à sa valeur et son importance sur l’échiquier politique national. Le parti de la Rose a revu ses ambitions à la baisse en se contentant de quatre ministères, dont un secrétariat d’Etat. Il s’agit des ministères des Finances, puis de l’Economie et du Commerce extérieur, de l’Enseignement supérieur et d’un secrétariat d’Etat chargé de la Pêche maritime. Une "recette" qui n’a pas été pour plaire au commun des Ittihadis, et moins encore aux militants de la Jeunesse de l’USFP qui appelaient au retour de leur parti à l’opposition. Une véritable tempête a secoué l’USFP au lendemain du scrutin du 7 septembre dernier, en raison du faible score réalisé par ce parti (38 sièges), se classant à la cinquième position après avoir été premier lors des législatives de 2002. Seulement, ce faible score n’a pas empêché le parti de mettre la barre plus haut en revendiquant un nombre de portefeuilles qui reflèterait son poids politique. Une position qui a valu à l’USFP un rappel à l’ordre par des partis concurrents, qui ont appelé au respect des résultats des urnes. Cette crise n’a pas manqué de se répercuter sur les relations internes entre les Usfpéistes, y compris ceux qui siègent au sein du bureau politique. La tension est montée de plus d’un cran dimanche dernier, entre des membres du BP et leur Premier secrétaire, sur le point sensible des portefeuilles à attribuer au parti et sur les noms des ministrables qui auraient été proposés. M.Elyazghi a réagi à sa manière à cette levée de boucliers, en restant injoignable jusqu’à mercredi dernier. Il aura fallu mobiliser les troupes au sein du bureau politique pour ramener M. Elyazghi autour de la table de réunion. Driss Lachgar, membre du BP, a pris contact avec plusieurs dirigeants de l’USFP, dont le Premier secrétaire adjoint de l’USFP Abdelwahed Radi, et Fathallah Oualalou, membre du bureau politique. Les "intermédiaires" ont réussi à joindre M.Elyazghi, qui a appelé à une réunion exceptionnelle mercredi soir. Cette réunion a permis à M. Elyazghi de "crever l’abcès" en dévoilant le nombre de portefeuilles qui seront dévolus à l’USFP, mais le chiffre octroyé contrairement à ce qui était annoncé a suscité des crispations au sein de la direction de l’USFP. Certains d’entre eux auraient reproché au Premier secrétaire de ne pas avoir fait assez pour faire valider les "candidats recalés", ce qui les priverait de la possibilité de devenir ministres, sans oublier qu’ils ont déjà perdu l’accès au Parlement. 

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