Gaz naturel : Vital pour l’industrie nationale

Globalement vital pour les entreprises industrielles, le gaz naturel est particulièrement employé dans le raffinage, dans les infrastructures portuaires, ainsi que dans les produits du froid de la climatisation et du chauffage, mais aussi et surtout dans les centrales électriques. Il faut en effet rappeler dans ce sens, qu’en décembre 2002, avait été signé le contrat de construction de la première centrale à cycle combiné à Tahaddart, dont la mise en service est prévue au courant de l’année 2005. Un projet de grande envergure puisque cette centrale fournira 17 % de la production électrique nationale et… consommera, à elle seule, 500 millions de m3 par an. Colossal ! Et sauf nouvelle (et importante) découverte, le Maroc ne fait actuellement pas partie des pays producteurs du gaz naturel.
Du coup, la problématique d’approvisionnement en gaz naturel va s’accentuer encore plus au cours des prochaines années. Il faut savoir qu’en 2002, déjà, la consommation nationale de butane s’est fixée à 1,1 million de tonnes, alors qu’elle n’était que de 543 KT (kilos tonnes) en 1990. Celle du propane a, quant à elle, évolué de façon nettement moins significative, s’établissant (en 2002 toujours) à quelque 116 tonnes métriques (unité équivalant à 1 000 tonnes). Et pour cause, le butane continue à bénéficier d’un niveau élevé de subventions étatiques, soit en moyenne 1 milliard de dirhams par an.
Ceci d’autant plus que, selon un rapport prévisionnel publié par le ministère de l’Energie et des Mines, l’évolution de la consommation nationale en gaz naturel devrait connaître une progression exponentielle d’ici les 15 prochaines années, passant de 1,1 milliards m3 en 2006 à 2,7 milliards m3 en 2010, puis à 4,3 milliards m3 en 2015 et 5,1 milliard m3 en 2020. Aussi, pour faire face à la demande, le Maroc se tourne vers l’importation du gaz auprès des principaux pays producteurs. Ceux-ci se localisent au Moyen-Orient, en Asie et en Afrique du Nord du fait de leurs importants gisements en gaz naturel et en pétrole. Mais à moyen terme, l’Etat devra développer son importation à partir des sources déjà existantes. D’une part, l’élargissement de l’approvisionnement au niveau de la côte Atlantique, d’autant plus qu’un large marché internationale se développe dans ce sens. Et d’autre part, accroître l’approvisionnement gazier par la réalisation de gazoducs additionnels ancrés au Gazoduc Maghreb-Europe.
Actuellement, ce dernier sert d’échanges avec l’Europe, empruntant le territoire marocain sur 540 kilomètres et reliant les gisements algériens (à Aït Béni Mathar) au réseau ibérique. Il comprend deux pipelines, l’un passant par Ouezzane, Mohammédia, Casablanca vers Jorf Lasfar et l’autre alimentant des régions qui lui sont proches. Dans un deuxième temps, un terminal méthanier devrait être érigé à Mohammédia, tandis que des sites de stockage souterrain seront installés. Le tout moyennant une enveloppe financière estimée à 4 milliards de Dh.
Que d’investissements coûteux qui seraient réalisés sans recours au budget général de l’Etat dans l’hypothèse où on découvrirait du gaz naturel au Maroc. Mais, on n’en est pas encore là.

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