Immigration : Bruxelles réclame des moyens pour surveiller le Sud de l’Europe

"Il y a urgence, il faut que les opérations puissent commencer au printemps, à la fois aux îles Canaries et en Méditerranée centrale", a ainsi déclaré ce week-end le commissaire européen à l’Immigration Franco Frattini dans un entretien au quotidien français Le Monde.

Plus de 1.000 immigrants sont arrivés depuis le 1er janvier aux Canaries par la mer, davantage qu’en 2006 sur la même période, et Bruxelles s’attend à ce que ces chiffres montent en puissance avec l’amélioration des conditions météorologiques.

Pour que l’agence aux frontières Frontex puisse organiser ces patrouilles, les Etats membres doivent lui fournir des "bateaux, des hélicoptères, des avions et des experts", a souligné M. Frattini.

Le commissaire, qui avait déjà lancé un tel appel à la mi-janvier, n’a "pas encore reçu de réponse" et entend mettre jeudi les ministres, réunis à Bruxelles, devant leurs responsabilités en se disant prêt à désigner "quels sont ceux qui coopèrent et ceux qui ne coopèrent pas".

Opérationnelle depuis un an, Frontex, basée à Varsovie, a coordonné à l’été et l’automne dernier des patrouilles mixtes entre le Sénégal et plusieurs pays européens (Espagne, Italie et Portugal), chargées d’intercepter au large de l’Afrique de l’Ouest les embarcations d’immigrants.

Parallèlement, un groupe de spécialistes des Pays-Bas, de France, d’Italie, du Portugal et de la Norvège, avait assisté les autorités espagnoles dans l’identification des clandestins.
L’archipel des Canaries, situé face aux côtes africaines dans l’Atlantique, est devenu la destination principale de l’immigration clandestine venant d’Afrique par bateau depuis que les contrôles entre le sud de l’Espagne et le Maroc ont été renforcés.

Frontex a également mené une autre mission, plus brève, au large de Malte et de l’île italienne de Lampedusa, pour tenter d’intercepter les immigrants en provenance des côtes libyennes, qui viennent plutôt d’Afrique de l’est.

Selon un fonctionnaire européen, "quelque 50.000 personnes sont arrivées par bateau sur les côtes européennes en 2006" à l’issue de traversées périlleuses, qui ont probablement coûté la vie à plusieurs milliers de personnes ces dernières années.

Ces déplacements ne représentent qu’une faible partie de l’immigration illégale vers l’UE, estimée par la Commission à 500.000 personnes par an, en provenance d’abord des pays des Balkans et de l’ex-URSS, mais aussi d’Asie.

Pour la première fois d’ailleurs, un cargo a été récemment intercepté au large des Canaries avec principalement des immigrants non pas africains mais asiatiques, principalement du sous-continent indien.

Bruxelles informera aussi jeudi les 27 du centre pilote d’information sur les migrations qu’elle compte ouvrir courant 2007 au Mali, avec la France et l’Espagne.

Ce centre informera les candidats au départ sur les opportunités de travail et de formation dans leur pays d’origine, les pays voisins et les pays européens, ainsi que sur les risques de l’immigration clandestine.

Selon M. Frattini, l’idée est de mettre en place "une immigration de circulation", qui facilite les allers-retours de l’immigrant entre le pays d’accueil et celui d’origine, afin d’éviter son installation définitive.

Il pense d’abord aux saisonniers dans l’agriculture, le tourisme ou le BTP.

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