Jean-Victor Lovat, le Petit Suisse de l’affaire Slimani-Laâfora

C’est suite à la plainte déposée par ses soins que l’affaire Slimani-Laâfora a fait parler d’elle pour la première fois, avec l’incarcération des deux concernés. L’homme d’affaires suisse installé au Maroc depuis la fin des années 1980, Jean-Victor Lovat, gérait au moins deux sociétés, dont Helvética. Il commence sa carrière au Maroc au début des années 90, à travers la construction de deux grands hôtels à Agadir, l’Oasis et le Tivoli. Ce dernier établissement n’est autre que la propriété de l’ancien homme fort et président de la communauté urbaine de Casablanca, Abdelmoghit Slimani. Même si certains le limitent à un rôle d’homme de paille, l’hôtel étant, en fait, dans le giron de Driss Basri.
Ce qui est sûr, c’est que Lovat est loin d’être étranger à la clique de l’ancien ministre de l’Intérieur. La coopération entre les deux parties va atteindre la grande ville de Casablanca. Il s’agit notamment du projet Hassan II de recasement de bidonvillois de Hay Mohammedi. C’est la société du Suisse Lovat qui devait se charger de sa construction.
Le problème est que 90% des terrains alloués à ce projet furent utilisés à des fins autres que celles auxquelles ils étaient initialement destinés. C’est l’un des principaux griefs retenus contre Slimani et Laâfora. Même constat pour le don royal, un terrain destiné en principe à abriter un jardin public dans le quartier Sidi Moumen. Mais aujourd’hui, ce sont des immeubles qui s’y trouvent. Plusieurs milliards de centimes ont été purement et simplement détournés. L’affaire éclate. Lovat est impliqué. Une implication qui le mène en prison. Et pour cause, il aurait émis des chèques sans provision. L’homme, qui n’a pas cessé de se défendre de cette accusation, se dit victime d’un complot. Il n’en écope pas moins de 6 mois de prison, auxquels s’ajoutent le paiement de pas moins de 17 chèques en bois, après que Lovat ait fait appel quant au jugement du tribunal de première instance (4 ans de prison ferme).
Libéré, il se fixe comme objectif de se venger de ses ex-associés. En août 2003, il dépose une plainte contre une quinzaine de personnes, (dont Slimani, Laâfora, Demnati…). Lovat ne sait pas encore qu’il vient de marquer une première dans les annales de la justice marocaine. Un gouverneur et un président de la communauté urbaine sont actuellement en prison. Jean-Victor Lovat, lui, est à l’étranger. Au dernière nouvelles, il serait en Argentine. Une situation qui rend impossible son éventuelle confrontation avec les inculpés.

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