La chasse aux tricheurs est ouverte

Le ministre de l’Intérieur, qui a présenté, lors d’une conférence de presse les chiffres sur les candidatures à l’expiration du délai légal, a indiqué que l’administration territoriale oeuvrera avec fermeté pour faire appliquer la loi au cours de toutes les étapes des élections des membres de la Chambre des représentants. Et d’ajouter que les walis et gouverneurs ont attiré l’attention des têtes de liste électorales, au cours de réunions, sur la nécessité d’éviter tout ce qui est de nature à entraver le déroulement normal de la campagne électorale et de s’en tenir aux dispositions de la loi (interdire les rassemblements et les manifestations illégaux et l’utilisation des moyens de l’Etat). Driss Jettou a par ailleurs mis l’accent sur la nécessité «de ne pas recourir à l’argent pour l’achat des consciences, de respecter la volonté des électeurs et de ne pas utiliser les mosquées à des fins électorales». Des messages clairs. Dans ce sens, il a souligné la suspension ou la mise à disposition du secrétariat général de préfectures ou provinces de certains représentants de l’autorité pour dépassements ou interventions au profit de certains candidats. Il a ajouté que des mesures seraient prises à l’encontre des contrevenants, quelles que soient leurs responsabilités administratives. «Il s’agit de ramener le ministère de l’Intérieur à sa juste dimension», a-t-il dit, incitant à cet égard les partis politiques à s’acquitter, eux aussi, de leur rôle et à assumer leurs responsabilités pour garantir l’honnêteté des élections.
Le ministre de l’Intérieur a d’autre part ajouté que, au 14 septembre à midi, six millions huit cent (6.000.800) cartes d’électeurs avaient été retirées, soit près de 50% du total des personnes inscrites sur les listes électorales. Un rythme de retrait qui incite à l’optimisme quant à une participation massive au scrutin du 27 septembre, a-t-il affirmé. Et d’indiquer que la commission technique composée des représentants des partis politiques et de l’administration a «accepté et même insisté» pour que les autorités locales prennent toutes les dispositions nécessaires pour faciliter le retrait des cartes d’électeurs. Concernant certains cas de personnes décédées et dont les cartes ont été retirées par leurs proches, le ministre a expliqué que ceci est arrivé en raison de la non-déclaration du décès de ces personnes. «L’essentiel, c’est que ces personnes ne viennent pas voter le jour du scrutin et ne mettent pas le doigt dans l’encre indélébile…», a-t-il dit, déclenchant l’hilarité générale. Le ministre a par ailleurs indiqué que 17 millions de bulletins de vote uniques (soit le ratio, plus 20% que les 14 millions nécessaires) ont été imprimés dans quatre imprimeries à Casablanca sous la supervision d’un bureau d’étude et du ministère de l’Intérieur pour «garantir la sécurité de l’opération d’impression et éviter toute fuite». Pour plus de sécurité et pour déjouer toute tentative de fraude, a ajouté M. Jettou, des cachets comportant les numéros de la circonscription électorale et du bureau de vote seront apposés sur chaque bulletin de vote. Il a relevé l’existence de certains cas dans lesquels des listes de candidats ont été rejetés pour non conformité aux dispositions légales (surtout des signatures non légalisées).
Certaines personnes concernées ont préféré ester en justice, a-t-il précisé. Pour ce qui est de la constitution d’un collectif associatif pour l’observation des élections, le ministre a salué cette initiative, la qualifiant d’excellente et à même de conférer «une plus grande crédibilité» au scrutin du 27 septembre. Il a indiqué avoir tenu récemment une réunion avec les responsables de ce collectif pour échanger les points de vue sur la préparation des élections, faisant part de sa disposition à étudier toute proposition pour parvenir à des formules qui ne seraient pas antinomiques avec la loi. «Nous allons avoir une nuit électorale», a-t-il dit, faisant allusion aux élections du 27 septembre dont les premiers résultats commenceront à tomber vers minuit, minuit trente (c’est à dire le 28) et les derniers vers 08 heures du matin. Il a également abordé le volet du financement de la campagne électorale soulignant que les partis qui travaillent dans la commission ont perçu 50% de la somme calculés sur le nombre de sièges, c’est à dire 50% de ce qu’ils ont perçu aux élections de 1997.
Pour les nouveaux partis, une étude a été faite au cas par cas et les sommes allouées vont de 500.000 à 1 million de dirhams, a souligné le ministre, qui, à la question de savoir quel serait le coût de ces élections, a répondu que celui-ci avoisinait les 500 millions de dirhams, sans compter les dépenses au niveau local.

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