La commission d’enquête internationale sur les violations à Tindouf envisage de publier la liste des tortionnaires

Au cours d’une conférence de presse, mercredi à Bruxelles, consacrée à la présentation du rapport de cette commission sur les violations des droits humains, crimes, abus et détournements divers commis par "le front polisario" à Tindouf, M. Moniquet a exprimé son inquiétude du fait qu’un grand nombre de ces tortionnaires n’a jamais été puni pour les actes qu’il a commis, mais au contraire, "certains se sont vu confier des postes de responsabilité dans la hiérarchie du polisario et le représentent même à l’étranger".

"Je suis étonné de voir des députés européens, des journalistes et des responsables d’ONG adresser la parole à des tortionnaires (…) c’est une situation immorale et désagréable", a-t-il dit. De son côté, Me Pierre Legros, ancien bâtonnier de l’Ordre des Avocats de Bruxelles, fondateur d’Avocats Sans frontières, a affirmé que l’une des raisons qui l’ont amené à participer à cette mission est le fait qu’un certain nombre de réalités à la porte de l’Europe semble être ignoré, en l’occurrence le problème énorme des violations et attaques aux droits de l’Homme à Tindouf.

Il a rappelé que cette mission a eu le devoir moral d’interpeller un certain nombre d’instances, notamment l’Union européenne à prendre conscience du fait que dans cette région non loin de l’Europe, il y a des personnes séquestrées depuis des années sans être jugées, vivant une situation intenable "sous un régime policier pur et dur".
"Nous avons aussi le devoir de dénoncer les violations flagrantes des droits de l’Homme commises dans les camps de Tindouf, en Algérie", a-t-il ajouté.

Pour sa part, le député fédéral belge Denis Ducarme a souligné que lors de la mission effectuée l’été dernier par la commission d’enquête dont il fait partie, plusieurs témoignages recueillis auprès des victimes font état d’une situation dramatique dans les camps de Tindouf, en Algérie.

M. Ducarme a estimé inadmissible les méthodes d’embrigadement politique (chants révolutionnaires, exercices physique militaires…) que subissent les enfants à la fois dans les camps et à Cuba où ils sont déportés dès l’âge de 10 ans. Il a, à cet égard, appelé le commissaire européen, en charge de l’aide humanitaire, M. Louis Michel, à mener une enquête pour savoir si l’aide européenne qu’il supervise est compatible avec le système d’éducation dispensé dans les camps de Tindouf et en tirer les conclusions qui s’imposent.

Après avoir indiqué que le rapport de la commission d’enquête sera envoyé aux différents Parlements nationaux, au Parlement européen, au congrès américain et à d’autres instances, M. Ducarme a souligné que le but recherché est de mettre la lumière sur une situation humanitaire dramatique qui n’a que trop duré.

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