La dernière carte de Bouteflika

«L’identité n’est pas un jeu». C’est en ces termes que Mostapha Naïmi, chef d’un groupe d’études saharienne pluridisciplinaire à l’Institut de recherche scientifique de Rabat, condamne à l’échec la thèse séparatiste préconisant la partition du Sahara en deux partie, dont l’une devrait rejoindre la sphère d’influence algérienne, sinon le territoire algérien pur et simple.
En effet, ceux qui connaissent les structures ethniques savent que la thèse séparatiste ne saurait résister à la réalité, comme ils savent, par expérience, que les faits sont têtus et que ce n’est nullement des acrobaties diplomatiques qui pourraient changer les donnes de l’histoire.
Il y a lieu de signaler, de prime abord, la primauté du facteur tribal dans la composition du pouvoir local, dans les régions sahariennes. Des régions dont la structure tribale est déterminante et où aucune tribu ne pourrait, à elle seule dominer la sphère du pouvoir locale ou prétendre parler au nom de l’entité sahraouie toute entière.
Parmi les grandes tribus de cette région, il y a lieu d’évoquer R’guibet et Aït Toussa. C’est, donc, une réalité qui colle à l’espace et transcende le temps. Une réalité que les Sultans du Maroc ont toujours tenue en compte et gérée dans le bon sens, à savoir celui qui éviterait aux populations sahariennes, le déclenchement d’un conflit tribal.
Historiquement, les Sultans du Maroc ont toujours préservé cette donne sui generis à la région et entretenu des rapports avec chaque tribu, sans en privilégier une d’entre elle. Car, ils savent pertinemment que, jamais, une tribu comme Ouled Dlim, n’a pu et ne pourrait accepter d’être sous l’hégémonie de R’guibet et vice-versa.
Or, quand un projet prétend à une partition de la région, sans tenir compte de ces données, cela signifie une des deux choses suivantes : ou bien les auteurs ( producteurs ) de ce projet ne connaissent pas les données réelles de la région, ou bien , ils cherchent sa déstabilisation éternelle.
La direction du Polisario, comme on le sait, est composée en majorité de personnes d’origine de la Tribu Takna ( dans les régions de Goulmim et Tan Tan).
De surcroît, dès la proclamation, par les Nations-Unies du projet algérien qui consiste à scinder le Sahara marocain en deux parties, les représentants de la tribu de Ouled Dlim ont condamné cette thèse et exprimaient leur rejet de toute thèse séparatistes.
En effet, derrière cette affaire à laquelle s’attache l’Algérie, il y a lieu de sentir l’odeur du mépris au Maghreb du peuple. Car, tout le projet n’est finalement, pour ce natif d’Oujda, qui n’est autre que le président Abdelaziz Bouteflika, et son équipe armée qu’un ballon d’essai. Ce qui compte pour cette caste qui domine l’Algérie, c’est de redonner vie au capitalisme d’Etat qui a prévalu en Algérie avant de succomber face aux émeutes populaires de 1988.
En d’autre termes, pour renaître de ses cendres, le capitalisme militaro-rentier algérien a besoin de nous soustraire une côte qui s’étale à quelque 700 km : – de Boujdour à Dakhla : 500 km – de Boujdour à Lagouira: 200 km. Ceci dit, l’agonie pourrait se manifester à travers la transe et il serait inutile de rappeler, à cet effet, que le parcours des Séparatistes touche à sa fin. Leur première erreur consiste en la reconnaissance du recensement espagnole de 1974. Un recensement qui n’a aucune validité anthropologique, parce qu’il exclut les tribus du Nord lesquelles contrôlent l’espace. Militairement et physiquement. A cette erreur fatale s’ajoute une autre non moins tranchante qui a trait à la volonté de division du Sahara marocain.
Comme le souligne, à juste titre M. Naïmi, en appelant à la division du Sahara, le Front Polisarion a démontré au monde entier qu’il n’accorde aucun intérêt au principe d’autodétermination qui a fondé sa légitimité au niveau international.
En appelant à ce partage, les séparatistes veulent introduire cette région dans une zone de turbulence sans fin qui pourrait dégénérer en séparations plus larges.
Bien entendu, face au mercantilisme algérien, il y a lieu de rappeler , comme le souligne notre confrère sahraoui, Mohamed Bahi, que toutes les tribus de Sakia El hamra et Oued Eddahab sont venues du Nord du royaume. Cela s’applique à Rguibet, Ouled Dlim, Izergrine, Aït Lahcen ainsi qu’aux tribus de Takna, Tidrazine et Aroussiyïne. Cela concerne, également, les tribus du Nord comme Igoutte, Aït Moussa Ou Ali, Ouled Bouitta, Aït Baamrane, Iskarna et les tribus de Aït Moussa, Azouafit, Lemiar et aït Ennas.
A toutes ces tribus s’ajoutent Ahl Cheikh Maa El Aïnin,e, Filala, Toubbalt, Barak allah et Oulad Bensebaa. Et, enfin, les tribus du Sahel, dont Lafiguet, Imraghen et Mejjat.
88 branches de ces tribus figurent dans les listes recensées par les Nations-Unies et il faudrait reconnaître qu’il est impossible de procéder à une classification ( épuration) ethnique . Car, cela n’existe que dans l’esprit de ceux qui veulent voir la réalité marocaine à travers des lunettes algériennes produites dans des entreprises coloniales espagnoles.

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