La DST déjoue des actions terroristes

L’affaire des sept présumés salafistes, arrêtés le 18 mars à Mohammedia, est désormais devant le juge d’instruction à la Cour d’appel de Rabat. Soupçonnés de faire partie de la nébuleuse terroriste, ils devront s’expliquer sur plus d’un point.
Leur arrestation est intervenue suite à des informations communiquées par la Direction de surveillance du territoire (DST) à la Brigade nationale de police judiciaire (BNPJ). Cette dernière est intervenue la semaine dernière, coupant court à bien des menaces que représentaient ces membres. Cette nouvelle arrestation entre dans le cadre de la lutte anti-terroriste que mène le Maroc bien avant  le 16 mai, mais qui a été renforcée depuis. Elle survient après plusieurs mois d’accalmie, mais signifie clairement que face à la menace terroriste, aucun effort n’est ménagé. La vigilance reste de mise. Au risque même de surdimensionner l’ampleur réelle des faits. A commencer par les raisons même de cette arrestation.  Les supputations n’ont pas manqué à cet égard, mais restent à nuancer. Des sources aussi diverses que plus au moins au fait des tenants et aboutissants de cette arrestation voyaient d’emblée en les personnes arrêtées une cellule salafiste qui aurait été en pleins préparatifs pour procéder à une série d’attentats dans la ville de Mohammedia. Principales cibles : des établissements hôteliers, des restaurants et un centre commercial. Mais d’après une source policière officielle, qui a requis l’anonymat, rien de tel n’était envisagé. Du moins pas  encore confirmé. « Tout ce qu’il y avait comme éléments au moment de l’arrestation, c’est que lesdits membres cherchaient à se renseigner, via Internet, sur les moyens et techniques de faire exploser des bombes».
L’information selon laquelle certains parmi ces membres auraient déjà fait l’objet d’arrestations est également démentie. La rumeur sur d’autres recherches, menées par la police, et sur la base d’aveux obtenus lors des interrogatoires d’autres membres de cette cellule, est rejetée. Egalement infirmée, la tentative menée en 2003 par les membres de cette présumée cellule de  commettre un attentat à Mohammedia à l’aide d’un téléphone portable et qui aurait été abandonné à la dernière minute.
Même en l’absence de tous les éléments avancés et infirmés par la suite, il n’en reste pas moins que les soupçons entourant les membres de ce groupe étaient réels. Pour information, six des sept membres arrêtés sont âgés de moins de 30 ans et sont loin de mener une vie de riches. Il s’agit de deux marchands ambulants, âgés de 26 et 28 ans, d’un commerçant (24 ans), d’un menuisier (29 ans) et d’un étudiant (25 ans).
Le plus âgé d’entre eux est électricien de métier et il ne dépasse pas les 37 ans. Contrairement à ce qui a été annoncé, les liens qui seraient établis entre ces personnes et d’autres membres et cellules de la Salafiya dans le pays ne sont toujours pas confirmés. La police n’en est pas moins sur cette piste. Elle serait même en train de préparer une cartographie des quartiers sensibles dans la ville de Mohammedia qui compte plusieurs poches de pauvreté, terrains fertiles à la propagande wahhabite et où l’université, et donc une bonne partie de la jeunesse, est la scène favorite où se produisent les islamistes de tous bords, les extrémistes inclus. Même s’il est prématuré de conclure de la culpabilité ou non des personnes arrêtées, il n’en demeure pas moins que le danger terroriste est réel. Certains spécialistes de la question terroriste, à l’image de l’universitaire Saïd El Akhal, affirment même que la menace terroriste est plus présente que jamais. Si la plupart des  têtes de pont connues et reconnues de la Salafiya Jihadia sont derrière les barreaux, d’autres courent toujours à la recherche de nouvelles cibles. D’autant que les raisons objectives qui étaient derrière des tragédies comme celles des attentats de Casablanca, misère, chômage, ignorance de l’Islam, fragilité des psychologies entre autres, sont toujours là.

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