La protection civile et les plans d’intervention

La ville de Mohammedia et la région de Settat étaient au seuil d’une catastrophe des suites des dernières intempéries. Les éléments de la protection civile étaient là. Leur rôle est primordial ; préserver la communauté et maîtriser la situation. Comment et par quoi ?
«Nous sommes intervenus au départ par les moyens dont on dispose. Seulement, ils sont insuffisants.», affirme un responsable de la protection qui a requis l’anonymat. Ce dernier précise : «Nous avons mis en place un plan d’intervention…mais qui ne répond pas aux besoins de la gravité de la situation…». Il s’agit d’une réalité dont se plaignent bon nombre de responsables de la protection civile contactés par ALM.
L’un d’eux a précisé qu’ «il y a de la théorie, que nous ne pouvons pas concrétiser sur le terrain…». «Nous avons des plans d’intervention lors des catastrophes naturelles et accidentelles ; le plan de l’organisation de secours, ORSEC qui chapote les autres plans et qui est mis en place lors des catastrophes…Il y’a également le plan SINON mis en place lors des inondations et le plan Rouge mis en vigueur durant les catastrophes qui causent plus de morts et de blessés, par exemple lors de crash d’avion, d’accidents des trains, etc. Seulement, nous confrontons toujours le problème le manque de matériel et de personnel pour les mettre en exécution…», affirme un autre responsable. Mais quel plan a été mis en place par la protection civile dans le cas de Mohammedia? «Nous avons mis en vigueur le plan SINON…», affirme ce même responsable.
Ce plan, explique-t-il, se concrétise par la mise en place d’un poste de commandement, qui nécessite la présence du gouverneur la protection civile, des forces auxiliaires, de la gendarmerie Royale, des représentants des autorités locales; ce poste est chargé de veiller sur la situation. Cependant quel que soit ce plan, la protection civile ne peut réagir seule puisqu’elle ne dispose pas du matériel nécessaire.
Pour combler ce manque, elle recourt aussitôt à d’autres services. «Dans le cas des inondations de Mohammedia, outre les zodiacs, l’équipement le plus efficace n’est autre que les équipements aériens, par exemple les hélicoptères …», précise un troisième responsable. Ce moyen, dont la protection civile ne dispose pas, est le seul par lequel permettant de faire la reconnaissance et la localisation des lieux les plus sinistrés et de la population en détresse et leur sauvetage, explique-t-il. Pour en avoir, l’appel à la gendarmerie Royale fut la seule solution, conclut-il.
Par ailleurs, les incendies qui ont ravagé la raffinerie de Mohammedia ont soulevé les handicaps de la protection civile. «Soyons logique, l’incendie de la raffinerie Samir dépasse nos moyens soit au niveau des matériels soit au niveau du personnel …», explique un élément de la protection civile qui était sur les lieux de l’incendie. Cet élément a soulevé le problème du manque de coordination et de coopération mutuelle entre la protection civile et les établissements industriels, comme SAMIR. «Primo, ils ne nous font appel qu’après l’aggravation de la situation et secondo, nous ignorons le dispositif sécuritaire dont la société dispose. Par ailleurs, on devait effectuer ensemble des exercices, au moins une fois par an, pour nous mettre au courant du dispositif sécuritaire dont elle dispose. Cela nous facilite la tâche d’une part et nous permet de mieux gérer la situation d’autre part…», affirme-t-il.La catastrophe de Mohammedia et celle de la région de Settat soulèvent une fois encore le manque de matériel et d’effectif de la protection civile pour faire face à de telles calamités, bien qu’elle dispose, au niveau théorique, des plans d’intervention. C’est le moment d’y penser.

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