La révolution tranquille

La lettre royale sur l’investissement décentralisé a déclenché un torrent de réactions des différents acteurs : Chefs d’entreprises, hommes politiques, financiers, patrons d’offices de publics, investisseurs étrangers… Les chancelleries étrangères ont suivi avec grand intérêt ce nouvel acte fondateur de l’investissement dans le Royaume. C’est que le Maroc, longtemps frileux sur l’attitude à adopter pour résoudre de manière radicale les problèmes de l’investissement et les blocages qui le freinent, est en train de vivre une véritable révolution. D’abord dans les esprits. Il n’y a qu’à voir les divers commentaires à ce sujet, pour réaliser l’intérêt capital de l’initiative royale. Aucun homme censé ne pourrait contester le caractère pratique et salvateur des directives du souverain qui a mis tout le monde devant ses responsabilités. “ c’est ce qu’on attendait et réclamait depuis longtemps“, c’est un peu l’état d’esprit de tous ceux qui sont concernés par l’acte d’investir.
On s’est longtemps plaint, sans pourtant trouver les solutions appropriées soit par manque de courage politique ou par paresse, des obstacles dressés devant l’investisseur. Qu’à cela ne tienne, S.M. le Roi, qui a de grands desseins économiques pour son pays, a montré la voie.
Et de belle manière. Le document royal n’est pas un catalogue de bonnes intentions. C’est un véritable programme d’action aux contours clairs. Il suffit de le prendre et d’en concrétiser sur le terrain les mesures qu’il contient. Finis le parcours du combattant imposé à l’investisseur, les mille et un documents à produire et le bakchich qu’il faut donner pour “accélérer“ les formalités.
Le Maroc, à cause d’une administration à la traîne, promettait le paradis aux capitaux nationaux ou étrangers, mais a son insu ces derniers une fois sur place se retrouvent dans l’enfer.
Le Maroc, qui a perdu beaucoup de temps et souffert de ces paradoxes, ne pouvait plus se permettre de rester les bras croisés devant ce jeu de massacre orchestré par des fonctionnaires réfractaires au changement, qui confondent leurs petits intérêts avec le destin de toute une nation. D’un côté les discours officiels exaltaient les vertus de l’investissement et de la croissance et de l’autre on faisait tout pour mener la vie dure aux créateurs de projets économiques qui font confiance au Maroc.
Cette ambivalence hautement préjudiciable, la lettre royale y a mis fin de manière solennelle. Un message fort d’une portée radicale.
En principe, à la faveur de cette révolution, rien ne sera plus comme avant. Le nouvel édifice institutionnel sur l’investissement de par son caractère novateur doit pouvoir, pour peu que les responsables concernés se mettent sérieusement au travail, stimuler l’investissement au Maroc. Que demande un investisseur sinon que son dossier soit traité avec célérité sans qu’il soit dégoûté et qu’il puisse produire de la richesse dans un environnement sain ?
Mais gare à l’optimisme béat. La lettre royale n’est pas une bague magique qui va résoudre tous les problèmes du pays. D’autres réformes doivent pouvoir être mises en oeuvre pour compléter ce nouveau dispositif.
Un industriel marocain précise : “ La justice marocaine, un maillon important dans le processus, doit elle aussi réaliser sa mise à niveau. Elle a été interpellée dans la lettre royale.
Un investisseur qui a un litige commercial doit trouver en face des tribunaux à la hauteur avec des juges compétents et honnêtes“.
Donc, la partie n’est pas encore gagnée. Comme quoi, l’investissement est un tout. L’ensemble de la chaîne a le devoir d’être efficiente, convergeant vers les mêmes objectifs. Car un seul maillon qui ne suit pas et c’est tout le dispositif qui risque d’en pâtir.

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