La terre perd le nord : Plus de 300 morts

La terre perd le nord : Plus de 300 morts

Le bilan de la violente secousse enregistrée dans la nuit de lundi à mardi dans la région d’Al-Hoceïma est lourd. Très lourd. Depuis le début de la matinée de mardi, les agences de presse internationales n’ont pas cessé de relayer le nombre des victimes de la catastrophe qui augmentait d’heure en heure.
Le dernier bilan provisoire relayé par l’agence MAP en début d’après-midi faisait état de 229 morts et de centaines de blessés. Ce qui est sûr, c’est que ce séisme est le plus grave en terme de bilan depuis celui d’Agadir. Une ancienne tragédie toujours dans les mémoires. C’était il y a exactement 44 ans : le 29 février 1960, un séisme dévastateur d’une magnitude de 5,7 degrés sur l’échelle ouverte de Richter, avait détruit la capitale du Souss faisant 12.000 morts et des dégâts matériels estimés à l’époque à 290 millions de dollars.
Aujourd’hui, le Laboratoire de géophysique, qui dépend du Centre marocain pour la recherche scientifique et technique, a estimé la magnitude de la secousse d’Al-Hoceïma à 6,3 degrés sur l’échelle de Richter, en localisant l’épicentre dans la commune d’Aït-Kamara.
La secousse a été fortement ressentie par les habitants de ces régions, mais également jusqu’à Tanger, Fès, et à Taza, où des habitants inquiets sont descendus dormir dans la rue. Sur le terrain du drame, les pertes sont lourdes.
Une grande majorité des victimes et des blessés sont des femmes, des enfants et des vieillards, selon des sources médicales sur place. En fin de matinée, le porte-parole de la Protection civile avait indiqué que le village d’Aït Kamara, situé à 14 km au sud d’Al-Hoceïma, avait été entièrement détruit. Mohamed Ziane, chef du Parti libéral marocain et ancien ministre des Droits de l’Homme, originaire d’Al-Hoceima, a déclaré que les « trois villages les plus touchés sont Imzourn, Aït Kamara, Tamassint », où les habitations sont en terre.
« Ces trois villages avaient respectivement une population de 25.000, 6.000 et 6.000 habitants. C’est une véritable tragédie. Les premières images de la catastrophe n’ont commencé à arriver que vers 13h et sont diffusées par les chaînes nationales. Le spectacle est horrifiant.
Une grande partie des maisons ont été détruites par le séisme et plusieurs dizaines de personnes sont encore sous les décombres. Le matin même, d’importants moyens humains et matériels ont été mobilisés pour venir en aide aux populations touchées. Des éléments des Forces armées royales, de la Gendarmerie et de la Marine royale, de la Protection civile, des Forces auxiliaires et des services régionaux et locaux sont déjà à pied-d’oeuvre.
Des hélicoptères et du matériel de divers types ont également été mobilisés pour les besoins des opérations de secours, auxquelles participe également la Fondation Mohammed-V pour la solidarité. Dès les premières heures également, plusieurs propositions d’aides étrangères ont commencé à affluer.
Les Français ont mobilisé plusieurs équipes de secouristes, avec des chiens et du matériel spécialisé dans les recherches lors de tremblements de terre. Au nord du pays, cette catastrophe n’est pas la première du genre.
Le dernier grand tremblement de terre qui a touché cette région avait eu lieu en 1994. D’une magnitude de 6, il n’avait fait à l’époque aucune victime. Mais, le plus impressionnant est que la région a connu depuis pas moins de 2000 secousse de différentes magnitudes. Pour les sismologues, le territoire marocain appartient au plissement alpin et occupe une position charnière, lieu d’interactions et collusions résultats des rapprochements entre les plaques africaines et eurasiennes. Les chaînes du Haut-Atlas, du Moyen-Atlas et du Rif sont également considérées comme les régions sismotectoniques les plus actives du nord-ouest de l’Afrique.
Le plus curieux, c’est que les autorités locales et centrales connaissent parfaitement cette donnée scientifique. Le Centre marocain pour la recherche scientifique et technique n’a pas cessé depuis 10 ans d’alerter les responsables sur la nécessité d’élaborer un code de construction anti-sismique spécifique à la région d’Al-Hoceïma.
En vain. Ces multiples mises en garde n’ont jamais eu d’échos. Et sur le terrain, des mesures pour anticiper ce genre de catastrophe sont inexistantes.
Conséquence: dans les nombreux villages où vit une population estimée à près de 30.000 personnes, les habitations de torchis et en terre cuite n’ont pu résister à un séisme de forte amplitude. Avec le résultat que ça a donné : des centaines de morts, dont on continue à faire le décompte, jusqu’à maintenant.

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