L’art et la manière

Ceux qui connaissent Driss Jettou savent apprécier son goût du bon sens. C’est le trait de caractère qui le distingue le plus. Une qualité qui lui a permis de réussir aussi bien dans les affaires que dans la vie publique. Résultat : le ministre de l’Intérieur rassure dans un contexte marocain qui prête souvent à la défiance. En effet, M. Jettou sait mettre en confiance ses interlocuteurs, quels que soient leurs problèmes et leur degré de divergence. Ce qui le qualifie à jouer les médiateurs et à rapprocher les positions éloignées.
C’est naturellement qu’il a été choisi, après avoir occupé plusieurs portefeuilles ministériels, par S.M le Roi Mohammed VI pour être ministre de l’Intérieur. Avec comme mission principale la préparation des élections du 27 septembre 2002. Une mission qui n’a rien d’une sinécure et ce, pour de multiples raisons. Il fallait surtout faire oublier les divers arrangements électoraux du “Maroc ancien“ et inculquer aux acteurs concernés les règles du jeu du “ Maroc nouveau“. En cela, M. Jettou, qui a fait de la transparence son maître-mot, a réussi au-delà de toute espérance. Les partis politiques, habitués par le passé à des “circonscriptions offertes“, comme dirait Abbas El Fassi, sont désormais appelés à ne compter que sur eux-mêmes, en faisant preuve d’un véritable esprit de conquête des électeurs. Si Driss Jettou n’avait pas existé, on l’aurait créé. L’entregent de ce berbère natif d’El Jadida a déteint sur ce département et ses hommes. Après avoir été perçu comme un ministère hégémonique et tentaculaire et érigé à la fois en paratonnerre et en épouvantail, le ministère de l’Intérieur, nouvelle ère, est en train de recouvrer sa normalité et son visage humain. Un travail de formatage commencé par Ahmed El Midaoui, le successeur de Driss Basri, et poursuivi par l’actuel titulaire.
Le ministre sait écouter là où d’autres croient détenir la science infuse. Propos mesuré, sourire sincère, le ministre de l’Intérieur n’aime pas trop s’étaler sur les médias.
De son poste d’observation privilégié, il préfère plutôt agir par petites touches et laisser les autres apprécier son action. C’est que M. Jettou ne cherche pas la gloire ou à tirer un bénéfice quelconque de son engagement. Sa réputation d’homme sincère est faite. Elle ne se défait plus.
Aux manettes de l’administration du territoire, il découvre aussi par des faits concrets les ambitions et les loupées du pays, les calculs des hommes politiques et leurs petits soucis. Devant une réalité marocaine complexe, il lui arrive d’avoir des états d’âme en s’interrogeant sur les moyens appropriés de sortir le pays de son sous-développement.
Les élections n’étant qu’une étape censée renouveler l’élite au pouvoir, Driss Jettou sait parfaitement qu’il faut plus que des joutes électorales pour remettre le pays sur les rails du progrès. Homme d’affaires avisé, il est conscient que le changement est un tout. Et que ce tout commence d’abord par le retour de la confiance des Marocains dans leur propre pays.

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