Le Congrès américain appelle Barack Obama à soutenir le Plan d’autonomie

Le Congrès américain appelle Barack Obama à soutenir le Plan d’autonomie

Rarement Républicains et Démocrates auront été aussi unis sur un projet comme celui de l’autonomie. Dans un élan de solidarité unique en son genre, les deux camps ont laissé de côté leurs divergences politiques pour apporter un soutien franc et massif au projet marocain d’octroyer un statut d’autonomie au Sahara. Dans une lettre portant la double signature démocrate et républicaine, adressée jeudi dernier au nouveau président américain, 230 députés du Congrès américain ont appelé Barack Obama à appuyer «fortement» la proposition d’autonomie.
S’il est vrai que la même démarche a été entreprise en 2007, lorsque 173 députés américains avaient apporté, dans une lettre à l’ancien président George Bush, leur soutien à l’offre marocaine, l’initiative actuelle est sans commune mesure avec la précédente, compte tenu de son poids (230 députés, donc plus de la majorité fixée à 218 au Congrès américain), ajouté à sa symbolique politique incarnée par la large adhésion démocrate et républicaine et son timing, puisque cette initiative intervient au lendemain de la réunion du Conseil de sécurité prévue fin avril. C’est ce que l’ancien ambassadeur américain au Maroc, Michael Ussery (1988-1992), l’un des signataires de la lettre, n’a pas manqué de souligner. « A ma connaissance, c’est seulement la première fois ou la deuxième fois qu’une lettre recueille un aussi grand nombre de signatures au Congrès », a expliqué ce diplomate.
Le même son de cloche a été relevé chez Robert Holley, directeur exécutif du Moroccan American center for policy. «C’est très rare en politique américaine qu’une lettre soit signée par la majorité du Congrès aux USA», a-t-il fait valoir. Cette large adhésion recueillie au sein du Congrès américain tire son sens certes des relations d’amitié historiques entre le Maroc et les Etats-Unis mais aussi et surtout du bien-fondé de l’offre marocaine, présentée comme un modèle pour le règlement des différends territoriaux internationaux.
L’offre d’autonomie demeure «le seul espoir pour un véritable règlement des questions politiques internationales actuellement», a mis en exergue le diplomate Michael Ussery.
L’initiative du Congrès américain s’ajoute à une autre tout aussi significative, manifestée en début avril par deux éminents instituts américains. Dans un rapport-analyse, présenté à Washington, sous le titre «Pourquoi le Maghreb compte-t-il?», le «Potomac Institute for policy studies» (PIPS) et la School of advanced international studies relevant de la Johns Hopkins University, ont appelé le président Obama à défendre le choix de l’Autonomie. «Si les Etats-Unis s’engagent de manière active et œuvrent en étroite collaboration avec leurs alliés européens, cela ouvrira de bonnes perspectives pour créer un environnement en vue d’une action vers une solution basée sur le compromis exprimé par la formule autonomie/souveraineté privilégié par l’ONU et qui se trouve être l’unique solution de compromis actuellement sur la table des négociations», a estimé le rapport, qui a été approuvé par des experts en politique étrangère dont des anciens membres du gouvernement américain, des ambassadeurs et des académiciens.

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