Le juge espagnol Del Olmo interrogera au Maroc Saâd Houssaïni sur sa responsabilité dans les attentats de Madrid

Le juge espagnol Del Olmo interrogera au Maroc Saâd Houssaïni sur sa responsabilité dans les attentats de Madrid

Le «chimiste», le pensionnaire le plus connu de la prison de Salé refait parler de lui. Les résultats de l’enquête menée par le juge espagnol Juan Del Olmo le lieraient aux attentats de Madrid. Selon les éléments d’enquête soumis à l’Audience nationale, la plus haute juridiction espagnole, Saâd Hussaïni, alias le chimiste, serait le préparateur des bombes qui ont servi dans l’attentat de la gare d’Atocha qui a coûté la vie à 191 personnes.
Pour en avoir le cœur net, le magistrat, chargé de poursuivre l’enquête sur les attentats qui ont endeuillé la capitale espagnole 11 mars 2004, se rendra le lundi au Maroc pour tenter notamment de confondre Hussaïni.
Ainsi, et dans le cadre d’une commission rogatoire de trois jours, le juge compte prélever les empreintes ADN de Saâd Hussaïni pour les comparer aux empreintes relevées durant l’enquête et qui appartiennent à des personnes non encore identifiées, selon des sources judiciaires citées par la presse espagnole.
Le profil de celui qui est présenté par la police espagnole comme «un activiste important du Groupe islamique des combattants du Maroc (GICM)» cadrerait avec l’attentat du 11 mars 2004. Plusieurs faits le confondent : présence en Espagne jusqu’en 2002, études de chimie à l’Université de Valence, ville espagnole où plusieurs personnes impliquées dans les attentats se sont rendues.
Après une licence en chimie à la Faculté des sciences de Meknès, Hussaïni s’est, en effet, rendu en Espagne dans la ville de Valence pour suivre des études doctorales dans la même branche. Lors de son séjour en Espagne, il a déjà été arrêté pour faux et usage de faux. Et ce n’est pas le seul méfait que lui reprochent les autorités espagnoles et qui fait peser sur lui, aujourd’hui de sérieux soupçons quant à son éventuelle participation effective dans les attentats du 11 mars. L’enquête engagée suite à ses attentats a permis d’établir que plusieurs personnes impliquées dans ces attentats lui ont rendu visite à des dates antérieures. C’est le cas notamment de Abdelkarim Lamari, l’un des suicidés de l’appartement de Leganés qui faisait de Valence le centre de ses activités. Hussaïni entretenait également des rapports fréquents avec Safwan Sebagh, un islamiste qui était informateur des services secrets espagnols.
En outre, le juge Del Olmo compte interroger au titre de cette commission rogatoire, Abdelilah Hriz, auteur matériel présumé de l’attentat du 11 mars. Son empreinte ADN a été retrouvée dans la maison où les bombes ont été assemblées et dans l’appartement où sept auteurs présumés s’étaient fait explosés en avril 2004, souligne l’enquête.
Pour rappel, Saâd Hussaïni, alias Moustafa ou le chimiste, a été arrêté en mars par les autorités marocaines, il est accusé d’avoir préparé les bombes pour les attentats de Casablanca.
Brillant étudiant de la Faculté des sciences de Meknès, le milieu islamiste qu’il a commencé à fréquenter lors de ses études supérieures en Espagne l’a détourné d’une prometteuse carrière de chimiste.
Il a fini par débarquer, clandestinement, en Turquie avant de passer en Afghanistan via le Pakistan. C’est d’ailleurs à Istanbul qu’il fera la connaissance d’autres membres de la direction du GICM (Groupe islamique combattant marocain) et dont le célèbre Karim Outah. En Afghanistan, Saâd Hussaïni s’installe dans un camp de Kaboul où il enseigne l’arabe pour les enfants à ses heures perdues.
Il y fait surtout la connaissance de plusieurs «Afghans marocains» et sympathise avec Boujemaâ Moustaïd dont il épousera la fille, Sara. Hussaïni perfectionne surtout ses connaissances en fabrication d’explosifs et prend bon nombre de pseudonymes comme c’est la mode chez les salafistes. En octobre 2001, il quitte l’Afghanistan pour regagner le Maroc.
Recherché depuis juillet 2002 au Maroc, puis par les services espagnols, il n’a jamais quitté, pendant cinq ans, Casablanca et sa région. Jusqu’au 8 mars dernier quand il se fait surprendre dans un cybercafé près de Sidi Maârouf.

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