Le mutisme arabe

Face à une hégémonie américaine sans précédent, les positions officielles arabes sont pour le moins inaudibles. Si pour le Maroc, sa position géographique aidant, la négociation est le seul moyen à même de permettre de trouver une solution, les pays qualifiés des pays du front, pour cause de proximité, répliquent souvent selon la conjoncture. La Syrie en premier lieu.
S’il est vrai que les divergences syro-irakiennes datent des années soixante-dix, au moins, l’arrogance israélienne et les partis pris flagrants des USA contre l’Irak, ont poussé à la Syrie à revoir ses rapports avec l’Irak. Plus, alors que la disparition de Hafez Al Assad devrait donner des signes de flexibilité dans la position syrienne, avec l’arrivée de Bachar Al Assad, et donc davantage d’éloignement de l’Irak, c’est tout le contraire qui se produisit. Et voilà que les dirigeants de Damas font savoir leur opposition ferme à toute attaque contre l’Irak. Des déclarations qui s’apparentent à un revirement même par rapport à la position syrienne lors de la guerre du Golfe et sa condamnation des attentats du 11 septembre 2001. elles interviennent aussi alors que l’on commence à voir de nouvelles initiatives arabes pour relancer le processus de paix meurtri par les tueries perpétrées chaque jour par Ariel Sharon et ses subordonnés. Ainsi, le prince héritier saoudien, abdallâh Ibn Abdelaziz parle d’une reconnaissance collective arabe d’Israël contre un retrait des territoires palestiniens suscite un large débat dans le monde arabe.
En contrepartie, il proposait « le retrait total (d’Israël) de tous les territoires occupés, en accord avec les résolutions de l’ONU, y compris de Jérusalem, contre une pleine normalisation de nos relations ». Quoique l’initiative saoudienne ne soit pas nouvelle, elle se démarque par rapport aux anciennes formules par cette approche collective.
Et effectivement, c’est une première puisque les pays arabes ayant jusqu’ici reconnu l’existence d’Israël, l’ont fait seuls, mais sans jamais envisager une normalisation collective avec Israél.Reste à savoir que dans la foulée, les positions des uns et des autres risquent de ne pas trop peser, étant donné l’état avancé des désaccords entre pays arabes… Et il n’est pas étonnant de constater les dépassements israéliens et l’arrogance des Américains face au silence presque radio arabe.

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