Les américains sous le choc

New York. La Grande Pomme qui fait la fierté des Américains est une ville qui impressionne toujours ses visiteurs quelle que soit leur provenance. Un peu scalpée après la disparition du World Trade Center, mais elle continue à ébahir.
Avec ses nombreux ponts immenses en acier observant un trafic de circulation des plus denses du monde, ses artères vastes comme des pistes d’atterrissage, et une activité sans arrêt, New York City donne un large aperçu sur la carrure de l’oncle SAM.
Depuis 2001, la fin de l’été sera désormais marquée par un souvenir des plus moroses de l’histoire de la puissante Amérique moderne : les tristement célèbres événements du 11 septembre d’il y a près d’un an. Une large campagne est menée depuis une dizaine de jours impliquant l’ensemble des composantes de la société américaine et dont la part du lion est attribuée aux médias. La télévision, surtout, revient systématiquement sur la tragédie. Images à l’appui, la parole est donnée en relais aux membres des familles des victimes, tous en larmes. Le paroxysme de l’émotion pour les téléspectateurs. L’Amérique ne sera plus la même « America will never be the same », nous n’oublierons jamais  » we will never forget  » et « God bless America » sont les slogans les plus perpétrés dans la rue.
Aussi paradoxal que cela puisse paraître, les Américains ont poussé loin le combat contre le deuil au point qu’ils en ont fait une source d’activité commerciale de grande envergure. Les auto-collants, les bannières et toutes sortes de gadgets commémorant la tragédie d’une manière ou d’une autre sont exposés partout à la vente. Le sens du gain propre aux Américains l’emporte sur la douleur. Jeudi 5 septembre, un grand concert est organisé au Madison Square. Les Bon Jovi, Enrique Eglesias et d’autres chanteurs de renommée faisaient la joie des jeunes et même des moins jeunes, venus très nombreux ce soir se défouler à fond. N’est –ce pas le pays des grandes contradictions ? Le président George W.Bush apparaît plusieurs fois par jour sur CNN derrière une phrase incrusteé en gras sur l’écran : Target Saddam (objectif Saddam). Il n’arrête pas d’afficher son obstination à en finir avec le président iraquien, avançant « arguments et justificatifs. « Il faut anéantir le régime iraquien coûte que coûte », répète-t-il sans broncher.
Le vice-président, Dick Chenney est encore plus présent sur l’écran, se faisant inviter à moult émmissions, s’étanchant largement sur le même sujet et répondant à toutes les probables interrogations à propos de l’inévitable attaque contre l’Iraq.
Ces apparitions sont relayées par des images, des commentaires et des chiffres démontrant les effets très néfastes des attaques du 11 septembre. Ce qui pousse certains observateurs et journalistes locaux à avancer que la Maison-Blanche exploite à fond l’état moral du contribuable et manipule l’opinion publique pour mener la guerre à l’Iraq. La sortie non moins opportuniste de l’ex-président des USA, Bill Clinton, va dans le même sens, bien que inversement, selon les mêmes sources. Quant à la communauté marocaine dans la ville, dont la majorité habitent et travaillent dans le quartier Astoria, ils sont unanimes à condamner le terrorisme et Ben Laden personnellement. Non seulement par solidarité, mais parce que leur vie a changé depuis les événements. Les affaires ne marchent plus, ou presque, car le taux du tourisme a nettement baissé. Et comme la plupart d’entre eux sont dans le commerce et dans le secteur des services, leur souffrance est réelle. En conclusion, quoi qu’il arrive, les Américains ont prouvé qu’ils sont capables de survivre même au pire des drames.

• Mohamed Benkhallouk
DNES à New York

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