Les cas de torture dénoncés par Amnesty International

La décision du gouvernement de doter le Maroc d’une loi criminalisant le recours à la torture contre des détenus intervient au lendemain de la publication du rapport d’Amnesty international (AI) qui a énuméré cinq cas de torture présumés.
En effet, dans son dernier rapport, daté du 24 juin 2004, AI a cité les témoignages de cinq détenus, aujourd’hui condamnés pour terrorisme, qui auraient affirmé avoir été torturés au centre de détention de Témara. Parmi ces cas, figure celui de Lekbir Koutoubi, 38 ans. Un menuisier qui fut arrêté dans le cadre de l’affaire dite de l’“émir du sang“, Youssef Fikri, et condamné à la peine de mort. Selon le rapport d’AI, Koutoubi aurait affirmé que, lors de son interrogatoire, « quand il a répondu qu’il ne connaissait pas les personnes mentionnées, ceux qui l’interrogeaient l’ont déshabillé de force et l’ont forcé à s’agenouiller puis ils l’ont giflé à maintes reprises jusqu’à l’aube » puis « il a été emmené dans sa cellule pour le petit-déjeuner puis ramené dans la salle d’interrogatoire au bout de quelques minutes et de nouveau interrogé jusqu’au coucher du soleil le 21 septembre 2002 ». Le rapport affirme, toujours en citant Koutoubi, qu' »il aurait été régulièrement interrogé pendant deux ou trois mois et parfois frappé à coups de poing et de pied quand il niait connaître les personnes citées par ceux qui l’interrogeaient“.
Le deuxième cas dénoncé par AI est celui d’Abdellah Meski, 35 ans, négociant en matériel informatique et qui affirme avoir « été torturé durant certaines séances d’interrogatoire, et notamment déshabillé et frappé sur la tête et les épaules au moyen d’un bâton et d’une règle métallique ». On lui aurait au moins une fois plongé la tête à plusieurs reprises dans un lavabo rempli d’eau. Il aurait été menacé de viol à plusieurs reprises et on lui aurait dit que, s’il ne collaborait pas, sa femme serait violée en détention ».
S’agissant des cas de Mohamed Chadli, 32 ans et Nouredine Gharbaoui, 31 ans, qui purgent respectivement des peines de 20 et 10 ans de réclusion criminelle dans le cadre de l’affaire Youssef Fikri, le rapport a précisé qu' »Ils ont affirmé à leurs proches et à leurs avocats qu’ils avaient été torturés ».
Le cinquième cas cité par le rapport d’AI est celui d’Abdelilah Fizazi, 28 ans, fils du théoricien de la Salafiya Jihadia, Mohamed Fizazi. Selon ses déclarations, il aurait été torturé pendant trois jours consécutifs et menacé de viol.

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