Les diplômés-chômeurs accusent

L’amertume fusait de la bouche de Mustapha, diplômé-chômeur, au fur et à mesure qu’il relatait le calvaire de ses compagnons depuis près de deux ans. « Nous disposons de deux procès verbaux signés par la commission ministérielle et les représentants de diplômés-chômeurs vers la fin de l’année 2002 d’après lesquels, notre problème devrait être réglé une bonne fois pour toutes vers le mois de février 2003.
Nous voilà à l’aube de 2005 sans avoir rien obtenu, à part des petites manoeuvres destinées à semer la zizanie parmi les diplômés en question», explique Mustapha. Selon ce dernier, le dialogue marathonien (plus d’une trentaine de rencontres) n’a rien donné. «Par respect, dit Mustapha, je passe sur les obscénités, les insultes et une gestuelle dégradée à notre égard.
Pour un collaborateur à la primature, nous ne sommes que des bêtes, nous n’aurions jamais dû suivre des études universitaires pour que notre statut de bête «bhaym» ne soit pas perturbé». De février 2003 à juillet de la même année, les répliques de M.Guerraoui aux demandes des diplômés concernés leur sont devenues familiales. Les choses ne bougeaient pas, comme le leur expliquait le collaborateur du Premier ministre, tantôt à cause d’un ministère qui marque du retard à répondre, tantôt à cause d’un ministre quelconque et ainsi de suite jusqu’au mois de juillet, lorsque les diplômés décidèrent de descendre dans la rue à nouveau. Souffrances, fausses couches, évanouissements, blessures, etc. Le soi-disant dialogue reprend de nouveau au mois d’août. Cette fois serait la bonne leur a confirmé M.Guerraoui. Mais puisqu’il était occupé par un Forum de la Jeunesse, il leur promit que le problème sera réglé avant la fin de septembre. Ce n’est jamais gagné tant que ce n’est pas gagné dit l’adage. Retour à la rue et aux protestations. Réapparition du collaborateur auprès de la Primature avec ses éternelles promesses et à chaque fois il prétend que c’est la bonne, sermons à l’appui. La fin du mois d’octobre est le nouveau délai. Rien. Le mois du Ramadan s’est passé sans incident, mais vers la fin de novembre, une nouvelle promesse, plus galvanisée que les précédentes, émerge avec les offres présentées par certains secteurs.
Avant la fin 2003, il n’y aura plus aucun problème. Encore une fois rien, ou presque, car il eut quand même quelques postes, au compte-gouttes pour les éternels chômeurs diplômés qui reprirent de l’espoir croyant qu’avant la fin du mois de mars, ils gagneraient cause.
L’offre des quelques postes ( entre cinq et dix aux ministères des Finances, du Transport, de l’Education nationale, de la Modernisation des secteurs…) a relativement freiné l’escalade prévue vers le mois de février.
Entre-temps, M.Guerraoui a réussi à monter les différents groupes de diplômés chômeurs l’un contre l’autre, au point que leur nombre atteignit 32 vers la fin d’avril 2004. Si ce n’est pas une incitation directe au suicide, dit Mustapha, c’est au moins une forme des plus illustrées de l’insolence.

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