Les patrons du public sont-ils surpayés ?

Les patrons du public sont-ils surpayés ?

Le ministre des Finances et de la Privatisation, Fathallah Oualalou, a encore une fois été sollicité par les députés pour parler des salaires des hauts responsables de l’administration publique. Répondant à une question orale posée PAR un député de la Chambre des représentants sur l’énorme écart existant entre les petits et les grands salaires au sein de l’Administration publique, le titulaire des Finances a précisé que le salaire mensuel moyen perçu par les directeurs des établissements publics ne dépasse pas 30.000 DH, soit un peu plus que celui perçu par les directeurs de l’administration centrale.
Oualalou a aussi expliqué aux représentants de la nation que les salaires des directeurs des établissements publics « ne dépassent pas cette moyenne en dépit de rares cas de hauts salaires ».
Pour le ministre, les cas des salaires qui dépassent cette moyenne sont très limités et ne dépassent pas les 4 %. Cette catégorie, qui demeure minoritaire selon le ministre, est composée de certains directeurs qui ont occupé auparavant des postes comme celui de ministre ou une responsabilité équivalente.
Et pour expliquer les hauts salaires perçus par les directeurs des établissements publics marocains, Oualalou a rappelé les conclusions de certaines études réalisées en 2002 par des bureaux spécialisés et qui ont établi que les salaires des haut cadres des établissements publics sont relativement inférieurs à ceux perçus par leurs homologues travaillant dans le secteur privé. Chiffres à l’appui, le ministre a procédé devant les députés à une comparaison des salaires des uns des autres. Ainsi, l’étude évoquée précise que le salaire brut perçu par les directeurs généraux dans le secteur privé varie en moyenne entre 93.000 et 140.000 DH et que la rémunération moyenne des directeurs adjoints de ce même secteur varie entre 67.000 et 108.000 DH. La comparaison est très importante à ce niveau car elle montre que les salaires offerts par le secteur privé à ses cadres restent très supérieurs à ceux des hauts responsables de l’Etat.
En deux mots: l’Etat a besoin de cadres hautement qualifiés et il est donc obligé de mettre à niveau les salaires qu’il offre afin d’être compétitif avec le privé sur le marché de l’emploi et pouvoir ainsi attirer les grandes compétences vers les postes de responsabilité au sein des établissements publics.
Ces derniers sont fixés, selon le ministre, conformément à des contrats ou des décisions approuvés par le président du conseil d’administration de l’établissement concerné et par le ministère des Finances et de la Privatisation. Aussi, explique-t-il , que pour la détermination des salaires des directeurs, le département des Finances respecte les critères définis par le statut de la fonction publique. Or, c’est à ce niveau que se forgent les écarts entre les salaires des différents postes de responsabilité au sein des établissements publics de l’Etat. Ainsi, les critères définis par les Finances se basent essentiellement sur l’importance de l’établissement ou de l’entreprise publique notamment en ce qui concerne son chiffre d’affaires, le volume de ses investissements, l’importance de ses ressources humaines et de son secteur d’activité. Le ministère prend aussi en considération la fonction occupée précédemment par le responsable et le niveau des salaires accordés aux cadres des établissements similaires.
Cela signifie que si un ex-ministre est nommé à la tête d’un établissement dont le salaire du directeur est normalement de l’ordre de 30.000 DH, il recevrait un salaire équivalent à celui de ministre. S’agissant des autres indemnités affectées aux postes de responsabilité au sein de l’administration publique, le ministre des Finances a précisé que « le régime indemnitaire relatif à l’exercice des hautes fonctions dans les différents ministères a été créé conformément aux lois et règlements en vigueur » et permet l’affectation de compensations pour que les hauts cadres puissent faire face à des dépenses et des charges non couvertes par le salaire. Il s’agit notamment des indemnités de logement, des frais de déplacement et de communications téléphoniques ainsi que des sommes forfaitaires pour faire face à des dépenses ordinaires comme la facture de l’eau ou de l’électricité. Exemple : les directeurs centraux qui utilisent leurs voitures personnelles encaissent une indemnité mensuelle de 3.000 DH.
De même que les secrétaires généraux des ministères reçoivent mensuellement des indemnités forfaitaires pour les communications téléphoniques qui atteignent les 5000 DH et une somme égale pour faire face à des frais divers. Ils reçoivent aussi des indemnités forfaitaires de déplacement qui dépassent les 7000 DH. Ainsi, entre indemnités forfaitaires, primes et salaires, les hauts cadres de l’Etat arrivent à doubler le montant du salaire initial prévu pour le poste.
Néanmoins, comparés aux indemnités offertes par le secteur privé, ces indemnités et ces salaires paraissent tout à fait normaux et ne sont pas trop exagérés comme l’on a tendance à les présenter dans certains milieux partisans où l’on affiche la réduction des hauts salaires en tête de son programme politique dans un objectif électoraliste flagrant. La plupart des programmes des partis politiques parlent de l’intention de la formation de son intention de procéder « à la révision des hauts salaires et des indemnités faramineuses pratiqués dans certains départements et à l’instauration d’un régime équitable des salaires ». Il ne s’agit en fait que de slogans purement populistes.
En somme, il existe certes de grands salaires au Maroc, mais le vrai problème demeure celui des petits salaires et de l’énorme écart existant entre les hauts salaires et le SMIG. Et c’est à une augmentation de ce dernier que nos députés doivent consacrer leurs efforts.

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