Les promesses non tenues de La Samir

Le président du conseil d’administra-tion de La Samir s’appelle Cheikh Mohamed Hussein Al Amoudi. De nationalité saoudienne, il possède plusieurs entreprises opérant dans divers sécteurs : pétrole, finances, BTP, immobilier. Le groupe Corral, qui s’est approprié à La Samir depuis 1997, n’est qu’une petite affaire parmi les multiples prises de participations à travers le monde de ce richissime et irrésistible homme d’affaires.
La Samir a obtenu des grands avantages de la part des pouvoirs publics marocains : d’abord, une formule d’indexation confortable basée sur le prix de Rotterdam et une qualité de produit élevée et ce pour une période de cinq années qui expire le 30 juin 2002. Ensuite, le maintien pour une durée de cinq années des taux de droits de douane. Le démantèlement linéaire sur 7 ans de ces derniers interviendra à partir du 1er juillet 2002. En échange, La Samir s’engage à exécuter un plan de développement prévu dans le cahier des charges pour moderniser l’appareil de production de l’entreprise. Coût global de ce chantier, quelque 400 millions de Dollars.
Or, force est de constater que La Samir n’a pas tenu ses promesses d’investissement, se contentant chaque année d’exposer les grandes lignes du programme en question tout en révisant le budget d’investissement à la hausse. C’est devenu presque une arlésienne. En fait, La Samir s’est même désengagée de certains de ses actifs dans le secteur gazier et dans celui de l’immobilier. Ce qui fait dire à un professionnel du secteur pétrolier que La Samir fait tout pour profiter du monopole et même de le renforcer plutôt que d’investir dans le secteur du raffinage.
Voilà que La Samir, à la surprise générale, rentre dans la distribution par le biais de Somepi de Mustapha Amhal. Une initiative assimilée par les professionnels comme un acte d’hostilité qui ne manquera pas de modifier les rapports des distributeurs avec le raffineur.
Par ailleurs, les conclusions de certaines études récentes ont montré de manière claire que les importations des produits pétroliers permettraient au Maroc d’économiser pas moins de 1 milliard de Dhs par rapport aux approvisionnements auprès de La Samir.

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