Les syndicats déçus par Abdellah Saâf

Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Ou presque. C’est l’état d’esprit qui aura prévalu à la sortie de la rencontre-annonce organisée par le ministère de l’Education nationale lundi à Rabat pour l’annonce des très attendus résultats de l’audit mené dans différents services du département. Le ministre de l’Education nationale Abdallah Saâf y aura été du dos de la cuillère. Au moment où l’assistance s’attendait à des annonces fracassantes sur l’audit des services chargés de la gestion financière et matérielle relevant des délégations provinciales et associations agissant dans l’enseignement fondamental et secondaire, un vent d’apaisement a soufflé sur la rencontre. Laissant comme un arrière-goût d’inachevé à ceux qui voyaient déjà des têtes tomber. Ce qui était attendu comme un ultime moment de vérité sur les scandales qui ont émaillé ces dernières années la vie du département de l’enseignement a pris des allures de simple compte rendu d’une opération d’encadrement. Un coup de chiffon interne, sans aller jusqu’au lavage à grande eau du linge sale de la maison. Les corps qui avaient frémi à l’annonce de ce rendez-vous peuvent respirer. Du moins momentanément. Ce n’est pas cette fois-ci qu’ils passeront au purgatoire. Tout au long de son compte rendu des investigations au sein du département de l’Enseignement, M. Sâaf n’a pas fait allusion à des sanctions qui seraient prises à l’encontre de ceux convaincus de dilapidation des deniers publics. On se serait attendus à plus, surtout pour un département budgétivore à hauteur de 18% à 25% de fonds de l’Etat. Il n’a pas non plus été fait mention d’un éventuel recours à la cour des comptes, le ministre se limitant à déclarer que les quelques cas confirmés seraient traités à travers une procédure administrative, à l’issue de quoi, si besoin en est, présentés à la justice. L’on est allé même jusqu’à parler de «gestion généralement maîtrisée», sur le plan financier s’entend. Une annonce qui en aura fait sourire plus d’un, tant les attentes des fonctionnaires du ministère, des syndicalistes, mais aussi des parents et tuteurs d’élèves auront été déçues. Beaucoup n’ont pas hésité à franchir le pas d’une lecture politique de cette démarche. Certains y ont vu le souci de tempérer les ardeurs à l’approche des élections. D’autres, plus indulgents, ont évoqué le souci de ne pas effaroucher davantage les bailleurs de fonds du ministère par des annonces fracassantes de nature à saper définitivement le capital confiance déjà entamé et fermer les précieux robinets de donations. Entre les deux extrémités, beaucoup réservent leur jugement attendant la conférence de presse annoncée par le ministre à l’issue de la deuxième étape de l’audit qui devrait intéresser entre autres l’association des parents d’élèves. D’ici là, gageons que les responsables du MEN auront touché la portée de la frustration et rectifié le tir en conséquence.

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