«L’Istiqlal a trahi»

«L’Istiqlal a trahi»

ALM : Ce qui s’est passé lundi à Rabat a fait couler beaucoup d’encre, pourquoi ce remue-ménage a-t-il eu lieu ?
Abdelhadi Khairat : Il s’agit tout simplement d’un acte honteux. Le président s’est avéré débile,et nous qui croyions que son âge serait synonyme de sagesse. D’emblée, ce monsieur s’est montré très hostile et s’est attaqué d’abord au ministre de la Communication en l’invectivant d’un ton hautement ironique à coups de « camarade ». Et lorsque nous lui avons dit que la loi devait primer, sa réplique lancinante ne fut que plus provocante en nous traitant de crétins. Quant aux vives réactions des membres de l’USFP et une partie des militants du PPS, elles ne signifient nullement que nous nous considérions comme vainqueurs. Elles rentrent dans le cadre de dénoncer la passivité de l’Etat et surtout la trahison des membres du parti censé être notre allié, en l’occurrence le parti de l’Istiqlal.
Mais il y a bien eu des concertations auparavant avec vos alliés istiqlaliens ?
Effectivement, sauf que ces gens ne voulaient absolument pas de l’USFP. Aucun moyen de parler avec eux. Il est de notoriété que l’Istiqlal n’a jamais eu une présence comparable à celle de l’USFP à Rabat. Pour eux, cette occasion valait bien la peine de trahir leur allié et de renier tant de principes adoptés en fanfare il y a seulement quelques mois. Pour eux, cette occasion constituait une aubaine pour diriger la capitale, et rien que ce souhait valait toutes les trahisons et les basses manoeuvres du parti de l’Istiqlal. L’événement aura été marqué par une sorte de proxénétisme politique, tandis que la dignité était inexistante face aux enchères. Des comportements qui risquent de saper le processus démocratique entamé dans notre pays. Heureusement qu’il y avait assez de témoins de cette mascarade. D’ailleurs, les manigances ourdies du parti de l’Istiqlal vont lui coûter cher. Je peux vous confirmer tout de suite et avant même que le vote n’ait lieu, que c’est Mohamed Sajid qui sera le maire de Casablanca avec plus de 70 voix.
Mais qu’en est-il de la fameuse Koutla au milieu de cet état de faits ?
Il y a longtemps que ce mot a été vidé de toute sa substance. De nos jours, il s’agit simplement de termes inventés par la presse. C’est l’avenir de notre pays qui se trouve menacé. La politique est désormais investie par des énergumènes richissimes. Des dealers à grande échelle, des mafieux qui s’imposent à coups de millions et considèrent que tout est à vendre. En un mot, l’Etat a perdu son prestige. Pour preuve, un autre blocage a lieu en ce moment même à Guersif. Le Pacha et la minorité se sont retirés arguant que les opérations de vote sont reportées à vendredi, alors que la majorité (13 sur 25) est toujours en sit-in en guise de protestation de la partie prise de l’Etat. C’est un mauvais présage pour la démocratie.

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