L’USFP fait de la présidence du Parlement un casus belli

L’USFP fait de la présidence du Parlement un casus belli

Un nouvel épisode de tractations risque de plomber les efforts du Premier ministre Abbas El Fassi pour former le prochain gouvernement. Après les appels pressants lancés par les partis de la majorité sortante pour revoir à la hausse le nombre de portefeuilles, voilà M. El Fassi face à une nouvelle gageure : arbitrer entre l’USFP et le Mouvement populaire sur la question de la présidence du Parlement. L’USFP, qui essayait en vain d’obtenir plus que les quatre portefeuilles qui lui sont échus, n’en démord pas et défend bec et ongles son "droit" de décrocher de nouveau la présidence du perchoir. Le Mouvement populaire, qui voit d’un mauvais oeil cette montée au front de l’USFP, estime que le poste de président de la Chambre des représentants lui revient de plein droit. Contacté par ALM, Mohamed Mobdie, membre du bureau politique du MP, en veut pour preuve «le résultat des urnes». Le Mouvement populaire qui a remporté 41 sièges lors du scrutin du 7 septembre est classé deuxième après le parti de l’Istiqlal, après le retour du Parti de la justice et du développement (PJD) à l’opposition. Il appelle au respect de "la méthodologie démocratique", qui lui donnerait plein droit de siéger au perchoir. Il y a lieu de relever que le candidat MP à ce siège tant convoité n’est autre que le secrétaire général du parti, Mohand Laenser. Ce dernier avait déjà fait savoir son intention de se présenter à ce poste en tant que candidat unique de la majorité, ce qui risque de contrarier les chances du député USFP Abdelouahed Radi. Interrogé sur la décision à prendre par le MP au cas où ce poste serait de nouveau attribué à l’USFP, Mohamed Mobdie, qui a réitéré son appel pour le respect des résultats des législatives du 7 septembre, a affirmé que «cette décision est du ressort du directoire du MP». Il ajoute que cette question doit être gérée aussi rapidement par le Premier ministre, d’autant plus que l’ouverture du Parlement est "déjà à nos portes". L’usage veut que cette question, comme celle qui est relative à l’annonce du nouveau cabinet ministériel, soit tranchée avant l’ouverture du Parlement, présidée par SM le Roi Mohammed VI. Le Premier ministre PI Abbas El Fassi est appelé à accélérer la cadence de ses négociations pour être dans les temps, l’ouverture du Parlement étant prévue pour vendredi 12 octobre . Mais d’ici là, bien des tractations difficiles l’attendent. Outre la question de la présidence du Parlement, le chef du prochain cabinet se trouve face à l’exigence d’amener les partis de la majorité sortante à revoir à la baisse leurs revendications quant à la répartition des portefeuilles. La tâche de M. El Fassi ne sera pas de tout repos, surtout quand on sait que, du côté des partis de la majorité sortante, notamment l’USFP, le MP et le RNI, il y a curieusement un large consensus sur la «nécessité d’augmenter le nombre des portefeuilles» même si ce nombre a déjà été fixé à 30. Des bruits de couloirs font état de discussions autour de 40 portefeuilles. Ce qui suscite des grincements du côté du PJD, qui agit déjà en leader de l’opposition. «Le Maroc est pris en otage, c’est grave ce qui se passe», s’alarme le numéro deux de ce parti islamiste, Lahcen Daoudi, dans une déclaration à ALM. Dimanche  dernier, le PJD qui a tenu la première réunion pour préparer la rentrée parlementaire n’a pas manqué de soulever la question. «Jeudi prochain, c’est le dernier  délai pour l’annonce du prochain gouvernement», rappelle M. Daoudi. «Peut-on espérer enfin une sortie du "tunnel" ?», s’interroge-t-il.

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