Maroc-Algérie : Le Maghreb doit dépasser ses problèmes politiques

Maroc-Algérie : Le Maghreb doit dépasser ses problèmes politiques

«Il faut que l’Algérie et le Maroc soient capables de dépasser la question des conflits pour avancer dans l’intégration économique». Les propos de Dominique Strauss-Kahn, directeur général du Fonds monétaire international (FMI), lors de la conférence sur l’intégration économique au Maghreb, tenue, lundi 17 novembre, à Tripoli, sont clairs et nets.
«Il faut avancer dans l’intégration économique comme s’il n’y avait pas de problème politique et il faut par ailleurs traiter les problèmes politiques comme s’il n’y avait pas de difficultés économiques», a-t-il affirmé dans une déclaration relayée par l’agence de presse AFP.
«Les problèmes politiques rendent les choses plus difficiles. Mais l’Union européenne s’est faite avec des pays qui avaient fait la guerre longtemps, notamment la France et l’Allemagne, et qui ont dépassé leurs différends politiques pour construire leur bien-être économique collectif», a expliqué le directeur général du FMI. Et d’ajouter : «il y a beaucoup à faire. Mais cette intégration pourrait se faire petit à petit pour permettre la création d’une grande puissance économique».
L’Union du Maghreb Arabe (UMA) a toujours donc du mal à réussir son intégration. En fait, le «non-Maghreb» coûte 2 points de croissance annuelle aux cinq économies de l’UMA, le commerce intermaghrébin ne représente que 2% du total et l’investissement inter-maghrébin reste encore marginal. Et ce n’est pas la première fois qu’on pointe du doigt les conflits politiques qui entravent la création d’une union en bonne et due forme dans cette région. Le think-tank britannique de l’Oxford Business Group (OBG) a accusé, en avril dernier, l’Algérie d’entraver, à travers son appui «au mouvement séparatiste du Polisario», le processus d’intégration économique dans la région du Maghreb.  Relevant de la prestigieuse université d’Oxford, ce think-tank assure que «l’appui algérien au mouvement séparatiste du Polisario est un point d’achoppement notable» et un «sérieux obstacle à la libéralisation du commerce régional». Par ailleurs, le directeur général du FMI a appelé à l’association du secteur privé aux projets d’intégration, à la simplification du cadre juridique et à l’accélération de la réalisation de projets d’infrastructures, en particulier une autoroute trans-maghrébine, «dont on a parlé longtemps mais qui n’avance pas beaucoup». En effet, le secteur bancaire se penche déjà sur le projet de création d’une union monétaire et d’une monnaie unique maghrébine, comme le souhaite Othman Benjelloun, président de l’Union des banques maghrébines (UBM). Ce projet a été exposé lors de la 34ème session du conseil d’administration de l’UBM qui a eu lieu, le 31 janvier 2008, à Tripoli. Les participants à cette manifestation étaient tous convaincus qu’une intégration économique et une monnaie unique pourraient assurer un bon environnement bancaire et attirer des investissements étrangers nécessaires au développement économique et social dans les pays de l’Union du Maghreb arabe (UMA). Quant à la crise économique, M. Strauss Kahn a encore estimé que les pays du Maghreb ont été peu touchés. Pour lui, «leurs économies sont peu ouvertes à l’économie financière donc ils sont à l’abri des conséquences directes mais pas à l’abri des conséquences économiques générales».

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