Marrakech et la coke

Aucune société n’est épargnée par le trafic de drogue. Si le pétrole est qualifié d’or noir, la cocaïne, elle, peut être qualifiée d’or blanc. La soif des gains colossaux qu’elle est susceptible de générer est, à lui seul, capable de balayer toute réticence. De plus, les effets qu’elle induit chez le consommateur, conjugués au phénomène de mode qui l’escorte, fait de la poudre blanche une drogue hautement sollicitée.
Marrakech a la particularité d’être le pôle d’attraction de touristes venus des quatre coins du globe. Sur les dizaines de milliers de personnes qui y transitent chaque année, combien sont ceux qui n’ont pas ramené une petite dose pour leur séjour ? Les Marrakchis racontent que les premiers « rails » de cocaïne ont fait leur apparition dans les années 70. Certains touristes auraient fièrement exhibé cette « nouvelle » drogue.
Mais c’est au début des années 80 que la rumeur laissait entendre que la cocaïne circulait à Marrakech. La poudre blanche animait, raconte-t-on, certaines soirées huppées de la Cité Ocre. On raconte également que la consommation se faisait dans la discrétion la plus totale et que la drogue serait introduite de l’étranger par des particuliers, en petites quantités, pour leur consommation personnelle.
Une célèbre boîte de nuit de l’époque était également pointée du doigt. On racontait que la cocaïne y était consommée en douce, en compagnie de certains responsables de l’établissement en question.
Évidence ou calomnie, Dieu seul le sait. Mais la rumeur avait atteint une dimension telle que le départ impromptu du gérant de cet établissement, disparu du jour au lendemain, a automatiquement été lié au présumé trafic de cocaïne. La police aurait eu vent de ce qui se passait et les personnes impliquées auraient préféré prendre l’air sans demander leur reste. Le subjonctif est toutefois le temps adéquat pour évoquer ces histoires. Aucune instruction judiciaire n’ayant vu le jour, ce serait verser dans la diffamation que d’affirmer ou d’infirmer de tels propos. Mais comme dirait l’autre, il n’y a pas de fumée sans feu.
Outre les touristes étrangers, Marrakech est devenue depuis les années 80 une destination prisée pour le tourisme national. Des flots d’arrivants issus des quatre contrée du Royaume s’y déversent, en plus des jeunes immigrés qui en font leur destination de prédilection. Tout ce mélange est susceptible de favoriser des échanges de toutes natures, bénéfiques ou néfastes.
Les années 90, les discussions sur la cocaïne se sont quelque peu banalisées, chacun racontant fièrement sa propre expérience, comment était son premier sniff, à l’occasion d’une soirée branchée ou d’une sotie entre copains. La discrétion toujours de rigueur, la besogne s’effectuait à « huis-clos » dans des appartements, parfois même dans des toilettes dans les night-clubs.

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