Militantisme chevillé au corps

L’engagement politique de Abdelkrim Ghallab remonte aux années 1930. C’était au sein d’un parti de l’Istiqlal qui représentait moins une orientation politique d’une partie que la lutte et la volonté de tout un pays de s’affranchir du joug de la colonisation. Il était alors un jeune garçon en quête de savoir et de liberté pour son pays, imbu en cela par un nationalisme à toutes épreuves, dont il s’est abreuvé dès son jeune âge, notamment grâce à un certain Abdel Aziz Bendriss, son maître et modèle, mais aussi Boushta El Jamai et Allal El Fassi. Allal El Fassi que Ghallab considérait plus comme un ami qu’un maître. Un ami dont il partageait la même quête de savoir et de liberté et aux côtés duquel les premières cellules de lutte pour l’indépendance, composées de professeurs et d’étudiants militants, seront créées. Une expérience à l’issue de laquelle il va connaître son premier emprisonnement. Il avait alors 17 ans, quand il fut arrêté lors d’une manifestation.
Avec plusieurs de ses compagnons de lutte, Abdelkrim Ghallab décide par la suite de s’expatrier en Egypte, plus précisément au Caire. Une capitale à partir de laquelle la lutte continuera de plus belle, et où le militant se fait ses armes en lettres et en journalisme. Il constitue également un large réseau de relations et contacts avec plusieurs parties arabes. Parmi elles, figurait l’ancien président tunisien Lahbib Bourguiba. Mais l’une des grandes actions que Ghallab aura entrepris au Caire restera sa participation dans la libération du héros du Rif, Mohamed Ben Abdelkrim El Khattabi. Aussi, l’Histoire marquera en lettres d’or son action au sein du Bureau du Maghreb arabe. Un bureau qui aura à son actif plusieurs actions liées aux mouvements arabes de libération, dont le document présenté aux pays alliés et appelant à l’indépendance du Maroc, la présentation du Manifeste de l’Indépendance du 11 janvier.
Le retour au pays n’a pas été sans difficulté, ce dernier étant, à l’époque, la proie d’une répression coloniale acharnée, marquée par plusieurs arrestations et emprisonnements. Seul un petit groupe, dont Ghallab était partie prenante, était encore en action. Un groupe qui avait pour charge de préserver les fondements et la raison d’être du parti, à savoir l’indépendance du Maroc. Le mouvement national doit sa survie et sa continuité à ce même groupe.
Avec l’avènement de l’indépendance, Abdelkrim Ghallab se voit confier plusieurs postes de responsabilité. Des responsabilités dont il a tiré plusieurs conclusions. La première et la plus importante n’étant autre que le besoin du pays d’encore plus de civisme, d’éducation et de culture, ou encore en matière de conditions décentes de vie pour une large frange de la population, qui croule sous le poids de la pauvreté, surtout dans les zones rurales. Plus qu’un militant, Abdelkrim Ghallab traîne derrière lui une carrière de 55 ans dans le journalisme, dans le cadre du journal arabophone du parti de l’Istiqlal, «El Alam», précédée de «Rissalate El Maghrib ».
Une parution qui avait rassemblé autour d’elle une pléiade de cadres, d’intellectuels et d’écrivains. Un travail journalistique où il s’est illustré par ses éditos «Maâ Echaâb» (Avec le peuple) et sa participation à la création du Syndicat national de la presse marocaine. A côté de cela, Abdelkrim Ghallab a également sorti plusieurs ouvrages, aussi bien littéraires que liées à la pensée ou à l’Histoire du Maroc. Une vie bien remplie pour un homme aux convictions immuables.

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