Mohamed Daidaa : «Désormais le rendement de l opposition évoluera»

Mohamed Daidaa : «Désormais le rendement de l opposition évoluera»

ALM : Dans quel esprit comptez-vous assumer votre nouvelle mission de coordinateur de l’opposition au sein de la deuxième Chambre ?
Mohamed Daidaa :  Il s’agit là d’une marque de considération pour l’objectivité et la crédibilité dont dispose le groupe fédéral auprès des conseillers, opposition et majorité confondues. Je suis conscient que pour ce rôle de coordinateur de l’opposition, la personnalité et le charisme de l’interlocuteur face à la majorité ont une grande importance et peuvent faire la différence. Dans ce sens je ferai tout ce qui est en mon possible pour remplir au mieux ma mission. Nous examinerons et voterons les projets de loi qui servent l’intérêt du pays. Et nous œuvrerons à adopter une opposition constructive et objective qui assume son rôle et qui jouit de tous les droits stipulés dans l’article 10 de la Constitution.

Quelles seront les premières mesures qu’entamera cette coordination ?
On a déjà démarré notre action commune par des correspondances adressées aux différentes commissions de la deuxième Chambre afin d’ouvrir une session parlementaire extraordinaire dédiée à l’examen annuel des instances de bonne gouvernance telles que mentionnées dans l’article 160 de la Constitution. Cette session doit ainsi permettre au Parlement de contrôler l’action de quelque 7 instances constitutionnelles tenues en vertu de la Constitution de présenter au Parlement des rapports annuels. Il est question entre autres de la Cour des comptes, l’Instance centrale de prévention et de lutte contre la corruption et le Conseil de la concurrence. Ainsi la tenue d’une telle session, ou du moins de réunions de commissions, revêt une grande importance et permettra au Parlement d’examiner et de débattre de ces rapports ainsi que d’interpeller le gouvernement et les autorités publiques quant à leur politique publique.  

Quel sera l’apport de cette coordination sur le rendement de l’opposition et comment cela se traduira-t-il lors de la prochaine séance d’interpellation du chef de gouvernement?
Désormais le rendement de l’opposition évoluera d’un contrôle quantitatif du gouvernement à un contrôle qualitatif. Ceci se manifestera effectivement lors de la séance mensuelle d’interpellation du chef de gouvernement à la Chambre des conseillers prévue le 12 février qui couronnera la session parlementaire. Par la coordination de nos efforts, elle sera pour nous une occasion pour faire le tour d’un sujet assez complexe où existent plusieurs intervenants et plusieurs problématiques. Il s’agit du foncier public et de l’immobilier. Nous pointerons du doigt un certain nombre de failles de la politique publique et permettrons au gouvernement de dévoiler ses orientations.

Dans quelle mesure la question de la politique foncière et immobilière de l’Etat est-elle importante ?
Il faut savoir que le foncier constitue l’un des obstacles à l’investissement, notamment en ce qui concerne les quartiers industriels dans la mesure où le foncier constitue 50% du coût d’investissement. Ceci est totalement contraire aux normes internationales selon lesquelles le foncier ne doit pas dépasser les 5% de l’investissement. Il y a aussi la spéculation immobilière, ou encore le foncier public dont bénéficie un certain nombre d’entreprises qui ont le monopole et qui accumulent des fortunes sans véritable contrepartie. Il y a aussi toutes les problématiques des terres des eaux et forêts, des collectivités locales, celles du ministère de l’intérieur, les terres «filalies», etc.

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