Nadir Moumni : «Il faut une bonne stratégie communicationnelle»

Nadir Moumni : «Il faut une bonne stratégie communicationnelle»


ALM : Quels sont les facteurs en faveur d’une hausse du taux de participation ? 
Nadir Moumni : Il est difficile de prédire la hausse ou la baisse du taux de participations aux élections du 25 novembre. Dans l’ensemble, le contexte est marqué par plusieurs paramètres. D’un côté, il y a la nouvelle Constitution qui a connu un fort taux de participation, les facilités pour l’inscription dans les listes électorales avec des délais élargis, un travail important au niveau des médias qui consacrent plus de programme dédié à la politique. On note aussi  la mise en place de lois qui encadrent l’observation des élections. La société civile est également de plus en plus impliquée dans des activités incitant à la mobilisation des citoyens  pour les élections.

Quel est l’impact des alliances qui se tissent aujourd’hui par rapport à la participation des citoyens ?
Les alliances qui se tissent aujourd’hui ont, en théorie, pour but de rendre la carte électorale plus lisible, mais dans les faits cela reste à démontrer. D’un autre côté, il y a d’autres facteurs dont on ne connaît pas l’impact sur le taux de participation. Il faut vérifier si l’offre des candidatures sera-t-elle diversifiée reflétant la diversité de la société et toutes ses couches ou pas. Les partis sauront-ils tirer le meilleur profit de la liste nationale qui réserve 60 sièges aux femmes et 30 aux jeunes ? L’offre programmatique des partis sera-t-elle assez attractive au vu des citoyens ? Il faut aussi connaître le poids des mouvements sociétaux qui appellent au boycott. Ainsi, il sera difficile de donner un pronostic par rapport au taux de participation aux élections.

Comment les partis peuvent-ils mobiliser le corps électoral ?
Les partis politiques devraient proposer une offre de candidature diversifiée et inclusive qui optimise les opportunités offertes, entre autres, par la nouvelle liste et le nouveau découpage. Les programmes électoraux des partis doivent aussi être clairs et cibler des segments spécifiques et non être des « cash all », des fourre-tout qui se ressemblent chez tous les partis. Il faut aussi une bonne stratégie communicationnelle. Mais il faut toutefois préciser que même si l’effet des facteurs positifs n’aurait pas un grand impact sur le scrutin du  25 novembre, il agira  à moyen et à long termes sur les prochaines échéances.

Comment se fait-il que le taux de participation a connu une légère hausse en 2009 alors que la tendance était à la baisse ?
La tendance générale était à la baisse pendant ces 20 dernières années et même bien avant. Les élections législatives de 2007 ont connu un taux de 37%, par contre les Communales de 2009 ont connu une légère hausse enregistrant 53%. Cette hausse s’explique par l’effet local de ces élections favorisant la proximité avec le citoyen.  Et puis, il y a aussi le comportement de l’électorat discipliné mobilisé par les partis qui entre en jeu également lors des élections du 25 novembre.

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