Offshoring : Le Maroc parmi les trois premiers

Offshoring : Le Maroc parmi les trois premiers

L’offshoring, qu’est-ce que c’est ? C’est lorsqu’une entreprise délocalise certaines de ses activités, qu’il s’agisse de services informatiques, de processus commerciaux ou encore de réseaux convergents, dans un autre pays, pour bénéficier, soit d’un savoir-faire très pointu, soit d’une législation du travail plus avantageuse sur le plan fiscal ou salarial (ou les deux à la fois). C’est donc ce processus d’externalisation, supposant le plus souvent un transfert de responsabilité vers un tiers, qui correspond à la notion d’offshoring. Cette définition faite, il importe maintenant de rappeler la réussite des premières incursions du Maroc dans l’offshoring, notamment en matière de call-centers.
Dans l’un de ses documents, l’Agence nationale pour la promotion de la petite et moyenne entreprise (ANPME) parle même de plus de 90 millions de dollars de chiffre d’affaires réalisé en 2004 en matière d’offshoring ! Aussi, on s’attend à une forte émergence d’autres activités offshorables ciblées, au Maroc, tels que les services d’assistance Internet, les services financiers, les hautes technologies, le développement de logiciels etc…
En effet, des pronostics et indicateurs positifs plaident en faveur du Maroc en tant que destination offshore de plus en plus prisée dans les années à venir.
Il y a d’une part une étude fraîchement présentée par l’Organisation pour la coopération et le développement en Europe (OCDE) et révélant des chiffres très honorables pour le Maroc. Une étude a d’ailleurs été reprise et publiée par quelques grands titres européens, dont le très réputé hebdomadaire britannique, The Economist. On pouvait ainsi lire dans les colonnes de ce dernier que le Maroc arrive en troisième position derrière l’Estonie et la Chine dans la progression des emplois créés par l’offshoring en 2003. Cela, sachant que le Maroc a vu ce type d’emplois progresser de 60%, alors que les deux premiers ont connu une progression respectivement de 70 et 67%.
D’autre part, il y a le rapport McKinsey. Une étude, qui s’est focalisée entre autres sur les piliers de croissance (et de relance) par secteurs économiques au Maroc. En d’autres termes, et entre autres, l’identification et le diagnostic des tendances sectorielles les plus potentielles dans le court et moyen termes. Là encore, les conclusions apportent de bonnes nouvelles pour le Royaume, désignant l’offshoring parmi les nouveaux métiers (de délocalisation de services), qui constituent des moteurs de croissance.
Géographiquement et selon l’étude McKinsey toujours, le Maroc fait partie du «Peer Group», c’est-à-dire le groupe d’Etats formant la «Ceinture de proche délocalisation» par rapport au marché européen. Les autres pays faisant partie de ce groupe sont  les pays d’Europe de l’Est (Roumanie, Ukraine etc…), ainsi que ceux dits «du Sud» (Turquie, Tunisie, Egypte, Jordanie, Sénégal… etc). Et dans la foulée, la compétitivité du Royaume est indiscutable. Ce critère (la compétitivité ) a même été analysé par l’étude. Celle-ci révèle comme principaux atouts en la matière une main-d’œuvre qualifié et abordable, des infrastructures de télécommunication suffisantes et un climat d’affaires favorable. D’autres atouts du Maroc en termes de compétitivité, ont trait à sa proximité logistique des Etats-Unis et de l’Union Européenne, son accès aux marchés arabes et africains, ainsi qu’à certaines de ses ressources naturelles (phosphates).
En revanche, le Maroc présente certaines insuffisances sur certains registres comme l’énergie, les taxes et avantages fiscaux, ainsi que la taille économique du marché local. Sur ces derniers points, le rapport McKinsey est sans équivoque : les capacités du Maroc s’inscrivent tout juste dans la moyenne de ses compétiteurs. Solution préconisée par l’étude en question : la nécessite d’une politique volontariste pour démarquer le Maroc par rapport à ses concurrents.
L’offshoring représente donc des espoirs réels pour les pays qui ont su s’y préparer, à l’instar du Maroc. Créatrice de valeur, cette solution l’est autant pour le pays d’accueil, que pour l’entreprise offshore elle-même. Cependant, dans les pays développés, le phénomène de l’offshoring est plutôt un grand sujet de controverse.
Et pour cause, l’opinion publique y voit une source progressive de chômage. En fait, beaucoup craignent l’exode en masse d’emplois vers des pays dits émergents ou en voie de développement.

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