Osman : Du sérail aux arcanes politiques

Il est des personnalités qui marquent le cours de l’histoire. D’autres se laissent entraîner par le cours de l’histoire. Ahmed Osman, le leader du Rassemblement national des indépendants, marie les deux.
Originaire d’Oujda, choisi parmi les élèves brillants du pays pour constituer une classe scolaire autour du prince Moulay Hassan, le futur Roi Hassan II, Ahmed Osman, qui gravira tous les échelons et deviendra un homme du sérail, couronnera sa carrière officielle en étant nommé Premier ministre, en 1972 et demeurera en poste jusqu’en 1979. Il a, ainsi, présidé trois équipes gouvernementales, lors d’une des périodes les plus cruciales de l’histoire récente du Maroc. Juste après la tentative du coup d’Etat de 1972, et la volonté affichée des pouvoirs publics d’ouvrir le dialogue avec l’opposition, UNFP en tête, Ahmed Osman a été désigné Premier ministre le 20 novembre 1972. Un gouvernement qu’il a dirigé jusqu’au 25 avril 1974. A cette époque se préparait l’annonce de la marche verte. M. Osman a été reconduit dans ses fonctions et a présidé le gouvernement jusqu’au 10 octobre 1977. Ainsi, en sa qualité de Premier ministre, M. Osman a été à la tête des premiers rangs de volontaires de la marche verte en 1975. Sur le plan politique, son gouvernement a préparé les lois électorales qui constitueront la fameuse charte de 1976 qu’on est en train de réformer actuellement. C’est avec la deuxième équipe de Osman qu’ont eu lieu les élections de 1976 pour les communales et 1977 pour les législatives. Les premières de ce qu’il est communément appelé le processus démocratique.
Sans appartenance politique jusqu’alors, Ahmed Osman a été logiquement appelé à diriger une nouvelle équipe du 10 octobre 1977 jusqu’au 26 mars 1979, date à laquelle le Rassemblement national des indépendants a formé ses instances, avec à leur tête M. Osman. C’est dire comment le destin a voulu que le député d’Oujda, depuis 1977, soit au centre des moments historiques du pays. Comment son nom a été associé aussi bien au lancement du processus démocratique qu’au grand procès de Casablanca de 1977. M. Osman a été élu président du parlement en 1984. Un mandat au cours de duquel il s’est distingué par son esprit de consensus.
Les autres dirigeants politiques nationaux, qui ont souvent eu à apprécier les bonnes manières de l’homme, lui reconnaîtront, sur le plan du courage politique, son opposition à la dissolution de l’USFP (Union socialiste des forces populaires), en 1981, après les événements du 20 juin à Casablanca. Affable, discret quand il le juge nécessaire, parlant peu aux médias, M. Osman n’a pas eu une carrière politique en fleuve tranquille. Depuis 1983, il a vécu des traversées de désert peu communes. A chaque fois, sans se départir de son calme que certains qualifient d’olympien, il réussit son retour sur la scène.
L’alternance lui a été d’un grand secours puisqu’il s’est imposé, compte tenu de la force numérique de sa formation dans les deux chambres, en acteur incontournable. Réélu à la tête du parti lors du troisième congrès, tenu les 2, 3 et 4 novembre 2001 à Casablanca. Une élection qui a mis un terme à des mois d’attaques de ses détracteurs qui avaient vendu la peau de l’ours, avant de l’abattre. Quant à Si Ahmed, on ne l’a pas surnommé le sphinx pour rien. Il sait qu’en politique, l’essentiel est de durer, alors il en donne la preuve tous les jours.

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