Plus d’autonomie et mois de tutelle

Plus d’autonomie et mois de tutelle

ALM : Quel bilan faites-vous au sein du parti de l’Istiqlal de l’expérience communale au Maroc ?
Hassan Abdelkhalek : D’abord, il faut savoir que le parti de l’Istiqlal a toujours accordé une grande importance aux collectivités locales car nous considérons que c’est l’école idéale pour apprendre les principes de la démocratie. C’est en participant à la gestion des affaires publiques au niveau local que l’on participe au développement de son pays. D’ailleurs, c’est un cadre idéal qui donne aux élus la possibilité de développer leurs communes qu’elle soit urbaine ou rurale et ce, dans tous les domaines. C’est pour cette raison que le parti de l’Istiqlal a toujours plaidé pour une réduction de la prérogative de tutelle détenue par le ministère de l’Intérieur. Les communes doivent avoir plus de liberté d’action et l’Etat au niveau central doit leur déléguer plus de prérogatives afin qu’elles puissent assumer efficacement leur mission. La véritable autonomie de la gestion locale, à notre avis, ne peut être effective que si les communes ont plus de pouvoir de décision qu’il s’agisse de l’aspect financier ou administratif. Cela dit, il faut aussi que le contrôle soit plus efficace de la part des autorités compétentes.
C’est aussi une responsabilité des partis politiques…
Absolument. C’est l’un de nos principes au sein du PI. L’université d’été que nous venons d’organiser était d’ailleurs axée sur la gestion locale. Durant ce séminaire, nous avons insisté sur la nécessité pour que notre gestion communale soit assurée par des compétences ayant une connaissance de tous les aspects de l’action communale. Je vous rappelle que le PI a été le premier parti à créer un organisme de contrôle des élus communaux. Il s’agit de « l’organisation marocaine des conseillers communaux ». Cette instance que nous avons créée dès 1976 a pour mission principale de préparer et d’encadrer les élus locaux pour qu’ils puissent assumer leur responsabilité avec efficacité et honnêteté. C’est une instance qui n’a jamais cessé son activité depuis sa création.
Quels sont les critères que vous avez adoptés pour le choix de vos candidats ?
Dans un cadre général, nous avons adopté le principe du « choix à la base ». C’est-à-dire que, dans toutes les communes qu’elles soient urbaines ou rurales, ce sont les militants du parti au niveau régional qui font le choix des candidats. Exception faite des six grandes villes où le principe de l’unité de la ville est appliqué pour la première fois. Dans ces villes, nous avons décidé que le comité exécutif ait un droit de regard sur les listes établies au niveau local.
Où en êtes-vous avec la présentation des candidatures ?
Elle est toujours en cours et elle avance d’une façon normale. Vous savez que c’est aujourd’hui, mardi à minuit, qu’expire le délai de dépôt des candidatures et jusqu’à maintenant tout se déroule comme prévu.
Mais, l’on parle de conflits entre certains postulants pour les têtes de liste…
Personnellement, j’estime que le scrutin de liste est injuste. Car la liste impose un classement entre plusieurs personnes qui, généralement, remplissent toutes les mêmes conditions exigées pour y figurer. Ce qui fait qu’au moment de l’établissement du classement, il y a parfois des petits conflits. Mais la gestion de ces petites rivalités est assurée efficacement par le parti.
Mais, ces conflits créent et accentuent le phénomène de transhumance politique. Comment le parti réagit-il face aux phénomène de la multiplication des transfuges dans la vie politique nationale ?
C’est un phénomène à relativiser. Il existe partout et on le retrouve aux Etats-Unis comme en Europe. J’estime personnellement qu’il faut l’aborder dans le cadre d’un débat élargi et le traiter dans sa globalité. Il est toutefois clair que les partis doivent jouer un rôle plus important dans la moralisation de la vie politique et dans l’amélioration de l’encadrement de leurs élus.

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