Quand l’oppresseur devient victime

À qui profitent les événements atroces du 11 septembre ? Inversons plutôt la question : Qui paie aujourd’hui la facture de ce mardi noir ? Première victime : la Palestine et son peuple opprimé.
Encouragé par la croisade américaine contre ce que Washington appelle le terrorisme, Israël tente de se «vendre» comme un pays qui souffre du «terrorisme palestinien». De statut d’oppresseur, il veut passer pour celui d’agressé. La ficelle est grosse. Mais Washington et son président Georges Bush soutiennent le terrorisme d’État pratiqué quotidiennement, à grand renfort d’artillerie lourde, par Ariel Sharon et sa soldatesque contre les populations palestiniennes.
Alors qui est terroriste et qui ne l’est pas ? Dans la nouvelle terminologie américaine, favorisée par Oussama ben Laden et sa bande de kamikazes, le concept de résistant a été balayé. Le Palestinien qui lutte contre l’occupation en jetant des pierres, on lui dénie désormais le droit de se défendre sinon il est étiqueté terroriste bon à crever. À l’inverse, l’armée israélienne qui tue des innocents palestiniens et bombarde maisons et bâtiments devient un champion de la résistance. Yasser Arafat, ainsi délégitimé et diabolisé, se transforme en chef des terroristes qui mérite d’être assiégé. Ariel Sharon, assassin sanguinaire doublé d’un «saigneur» de la paix, se présente par contre sous les traits d’un homme à la pointe de la lutte contre le terrorisme. Quel cynisme.
Cette inversion des rôles, dirigé contre le peuple palestinien en particulier et le monde arabo-musulman en général, ne trompe personne. Quand Georges Bush, en roulant des mécaniques, traite Arafat de terroriste devant les caméras, il ne ménage rien, personne. Ni la susceptibilité arabe, ni la dignité du peuple palestinien et de ses dirigeants. Alors, qui est terroriste et qui ne l’est pas ? Lorsque les bombardiers américains, au plus fort de l’expédition punitive américaine en Afghanistan, déchiquettent des populations civiles innocentes, ce n’est pas du terrorisme. Cela s’appelle des dégâts collatéraux. Les Américains se placent comme toujours au-dessus des lois de la pesanteur humaine, infaillibles et lumineux. Il ne leur reste plus qu’à dire, puisque le ridicule ne tue pas, que leur armement sophistiqué est doté de têtes chercheuses anti-Talibans.
Les événements du 11 septembre, par l’étendue de leur horreur, ont certes déstabilisé la planète, frappé les imaginations. Mais en même temps, à y regarder de plus près, arrangé, au-delà de l’Afghanistan, les intérêts géostratégiques des Etats-Unis. L’Europe commence à s’en rendre compte. Comme quoi, si Oussama Ben Laden n’avait pas existé, on l’aurait créé.

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