Quatre circonscriptions à la loupe : La leçon

Brutal a été le réveil de certains candidats aux législatives du 27 septembre à Hay Hassani-Aïn Chok à Casablanca. Des candidats notoires qui ont laissé des plumes. On pense ici à Mohamed Kemmou, candidat malheureux, tête de liste MP. On pense aussi à Bou Abdellah Ali El Hadi, alias Ali Belhaj, président de l’Alliance des libertés et on pense à Abdelouahed Souheil, membre du bureau politique du PPS.
En fait, les 118 780 voix exprimées des 150 532 votants, sur les 296 532 inscrits, ont choisi Mohamed Khalil, candidat PJD, avec une forte avance sur son poursuivant, Mohamed Karam, tête de liste USFP. Il a eu 25369 voix contre 18 835 pour M. Karam. Viennent après le candidat MNP, Abdalhak Chafik, avec 12 653, le candidat istiqlalien Mohamed Fahim avec 10 470 voix et le candidat FFD, Mustapha Boudraâ, avec 8 310 voix. Quant à M. Kemmou, habitué aux victoires, il n’a récolté que 2 063 voix, Ali Belhaj, lui, 5 623 voix, Mustapha Bouaziz, de la Gauche socialiste unifiée, 1 240 voix. Soulignons toutefois que M. Bouaziz avait crié au trafic en fin de matinée du 27 septembre. Il parlait d’une fuite de bulletins de vote. M. Souheil a eu 2088 voix contre 5353 pour Habib Zemrani, candidat PND.
Certes, aucune conclusion ne peut être faite sur cette base, sachant que le deuxième candidat PJD avait de fortes chances de passer à la place de M. Boudraâ, la différence des voix a été très réduite. Sachant aussi que ceux qui ont fait circuler beaucoup d’argent ont été recalés, à une exception près. Les gens se rappellent ce que racontait M. Khalil, un docteur respectable et respecté. Il disait que sa candidature est pour marquer le coup et enregistrer la présence du PJD sur une scène dominée d’une part par les socialistes et, d’autre part, par Kemmou et ses semblables. Ce qui est sûr, maintenant, c’est que l’erreur commise par l’USFP dans le choix de ses candidats, notamment la deuxième de liste, Assia Akesbi, l’a défavorisée. Avec un Farid Tiddar, bien connu dans une bonne partie de la circonscription ou un Brahim Rachidi, l’USFP avait des chances de cartonner. Le vote pour le PJD était un vote sanction des choix de candidats socialistes plus qu’autre chose. Quant aux perdants notoires, la leçon a été amère. Encore faut-il qu’ils la saisissent.

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