Radi reconnaît la responsabilité de l’administration pénitentiaire dans l’affaire des neuf jihadistes évadés de Kénitra

Radi reconnaît la responsabilité de l’administration pénitentiaire dans l’affaire des neuf jihadistes évadés de Kénitra

La responsabilité de l’administration pénitentiaire dans la fuite des neuf évadés de Kénitra est désormais établie. Et c’est le ministre de la Justice, Abdelouahed Radi, qui vient de le reconnaître. En réponse à une question orale, mardi à la Chambre des conseillers, le ministre de tutelle a admis qu’il y a eu bel et bien «des négligences». «A la veille de leur évasion, les neuf hommes avaient obtenu d’un gardien de pouvoir être regroupés dans deux cellules contiguës», a indiqué le ministre Radi, cité par l’AFP. Le responsable n’a toutefois pas précisé combien de temps il a fallu aux terroristes évadés pour creuser un tunnel de 22 mètres de long et de 60 centimètres de diamètre, ni le lieu où ce tunnel aboutissait, et moins encore les moyens utilisés dans le creusement de ce tunnel. Le ministre s’est contenté de dire que des investigations sont en cours pour apporter des réponses «convaincantes» à plusieurs interrogations en suspens, dont notamment «les moyens utilisés pour creuser le tunnel à partir des toilettes d’une cellule», «le lieu de dissimulation de grandes quantités de gravas extraites», «l’hypothèse d’une éventuelle complicité d’autres détenus, de certains fonctionnaires de la prison et d’autres personnes de l’extérieur»…  Mais, il semble que d’autres facteurs «indirects» sont également en jeu. Le ministre Radi a estimé que «la situation des prisons au Maroc contribue pour sa part, et d’une manière indirecte, à l’évasion», notant que l’évasion de la prison de Kénitra n’est pas la première en son genre puisque 28 détenus se sont évadés en 2005, 28 autres en 2006 et 23 en 2007.  Pour rappel, le nombre des détenus dans les prisons marocaines s’élève, au 31 mars dernier, à 56.644, dont 1964 ont été détenus depuis le début de l’année en cours.
«Le nombre élevé des pensionnaires rend difficile la gestion des moyens disponibles notamment ceux relatifs à l’alimentation, aux soins médicaux, à l’hygiène, à la garde et à l’espace dans les prisons», a reconnu le ministre Radi. Le manque de l’effectif humain dans les prisons vient également aggraver la situation. «Le nombre des gardiens de prison est réduit» au strict minimum, a-t-il admis. Il y a en effet un seul gardien pour 11 détenus ( !). 
S’agissant des mesures prises par son département pour faire face à cette situation, le ministre Radi a indiqué que son département procèdera au recrutement de 6.000 gardiens de prison à l’horizon 2012, à la révision de la politique pénale, la construction de nouvelles prisons, et à l’acquisition d’appareils de surveillance développés. Pour le reste, le ministre Radi a souligné «la nécessité d’assurer une application stricte des lois en vigueur».

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