Tarik : «L’Istiqlal, un mal nécessaire»

Tarik : «L’Istiqlal, un mal nécessaire»

ALM : Que pensez-vous de l’alliance annoncée entre votre parti et le parti de l’Istiqlal ?
Hassan Tarik : Pour moi, en termes d’alliances, il faut faire la différence entre plusieurs cercles et niveaux. Il y a d’abord le cercle des alliances stratégiques qui demandent des références et des valeurs communes. Là, l’aspect idéologique doit être déterminant. L’USFP devait réfléchir d’abord à une alliance stratégique avec le PPS et le PSU. Pour ce qui est du deuxième niveau, on retrouve des alliances politiques et électorales. On retrouve, à la base, un programme politique réalisable. C’est ce point qui est décisif et c’est de là que vient notre alliance avec le Parti de l’Istiqlal. Ce n’est pas une alliance stratégique mais, politiquement, elle est essentielle. C’est un mal nécessaire.
Tous les partis traditionnels ont un vrai problème. Auparavant, l’ennemi était l’Administration. Aujourd’hui, c’est plutôt un champ électoral devenu plus têtu. Il n’est plus suffisant d’avoir un bon programme et une légitimité populaire pour gagner les élections. On a toujours le pouvoir de l’argent, mais surtout cette nouveauté des notabilités qui constitue une dangereuse dérive y compris pour les partis démocratiques. Avant, on retrouvait les candidats parmi les militants, puis parmi les militants aisés. Là, on est à la recherche de militants fortunés, mais capables surtout de garantir le résultat final.
Les partis démocratiques recrutent en dehors de leurs rangs sous prétexte d’ouverture et de proximité idéologique et politique, y compris au sein de ceux qu’on taxait avant comme membres des partis administratifs. Il y a une sorte de sous-traitance qui nous mène droit vers l’apolitisme.

Que faut-il faire ?
Il ne faut pas que les partis aillent loin dans cette aventure et se résigner face à cette situation. Il est nécessaire de renouer avec les luttes de programmes et de politiques, rendre cette teinte politique aux élections. C’est ce qui justifie aujourd’hui l’alliance avec l’Istiqlal.

Mais quels sont les problèmes que cette alliance pourrait poser?
Je vous dis un exemple entre autres: une telle alliance doit être bâtie autour d’un mode de scrutin adéquat. On ne peut pas mettre en place un programme électoral commun et se retrouver avec des candidats rivaux au sein des mêmes partis. Avec le scrutin de liste, les choses ne sont pas évidentes et c’est cet aspect qu’il faudra trancher aussi et de manière prioritaire.

Pourquoi vous taxez l’Istiqlal de « mal nécessaire » ?
Le Parti de l’Istiqlal n’est pas, idéologiquement, le parti le plus proche de nous à l’USFP, mais il représente une force politique et électorale. Il a contribué à la lutte pour les réformes politiques et démocratiques au sein de la Koutla dont il est l’un des fondateurs. Il y a autre chose aussi. Il est de l’intérêt de l’USFP que l’Istiqlal demeure proche de la gauche au lieu de le laisser s’allier avec ou se rapprocher du PJD. Une alliance PJD-Istiqlal qui réunirait tous les alibis idéologiques…

Pourquoi pas le contraire, pour éviter une alliance PJD-USFP ?
C’est impossible parce que nous accusons de grandes et sévères divergences idéologiques. Nos références ne sont pas les mêmes que ce soit au sein de la société, autour de la question de la femme et de la modernité pour tout dire.
Si cela arrivait à se réaliser  je serai alors le premier à claquer la porte!

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