Toutes les pistes sont possibles

Toutes les pistes sont possibles

Six jours près les attentats du 11 mars à Madrid, le mystère continue de régner sur les commanditaires et les exécuteurs de ce carnage qui a fait 201 morts et plus de 1.500 blessés.
Etait-ce Al Qaïda ou l’ETA ? Une question qui demeure toujours d’actualité malgré la tendance de plus en plus unanime des services antiterroristes de plusieurs pays à privilégier la piste islamiste. Et, entre les deux thèses, il existe une troisième théorie qui joint les deux et affirme que les attentats perpétrés dans la capitale espagnole sont l’oeuvre d’une alliance entre les terroristes basques et ceux d’Al Qaïda.
Aussi, à l’instar des services de sécurité, la presse espagnole demeure tout aussi divisée sur l’attribution des attentats et apporte chaque jour des analyses de certains experts qui appuient l’une ou l’autre thèse. Pour le quotidien “El Pais”, c’est la piste islamiste qui est privilégiée. Après quelques jours d’hésitation pendant lesquels les attentats étaient attribués à l’organisation terroriste basque, ce quotidien madrilène semble adhérer définitivement à l’implication de réseaux islamistes maghrébins ayant des connections avec Al Qaïda. « Les autorités marocaines admettent qu’il existe plusieurs cellules radicales islamistes qui ont des connexions avec Al Qaïda, mais ils ne confirment pas la connexion entre les deux attentats (Casablanca et Madrid) », avance le quotidien madrilène.
Le quotidien rapporte aussi que Jamal Zougam, l’un des trois Marocains arrêtés par la police espagnole dans le cadre de ces attentats, constitue, pour le moment, l’unique connexion établie entre les attentats du 16 mai à Casablanca et ceux du 11 mars à Madrid. « Jamal Zougam aurait vécu dans la même maison que Abdelaziz Benyaïche, actuellement en prison préventive en Espagne pour sa supposée relation avec le massacre de Casablanca. Le frère de Abdelaziz, Salaheddine, se trouve incarcéré au Maroc à cause de son implication dans les attentats de ladite ville maghrébine », explique “El Pais”. Pour les analystes de ce quotidien, les investigations menées par la police sont axées sur la piste des explosifs et des détonateurs qui demeurent l’unique fil qui peut mener aux véritables commanditaires des attentats. “El Pais” affirme ainsi que « la manière avec laquelle on a obtenu les explosifs est toujours l’une des plus grandes énigmes ». C’est aussi l’avis des analystes du quotidien “ABC”.
Toutefois, ce journal continue à défendre la thèse selon laquelle il existe une certaine relation entre les attentats de Madrid et l’organisation terroriste basque ETA. « Malgré la détention de trois Marocains et de deux Indiens, la police n’a pas totalement écarté l’hypothèse d’une implication de l’ETA, du moment que, par exemple, les détonateurs proviennent d’une fabrique située dans la localité de Galdacano dans la région de Viscaya (Pays Basque) », affirme “ABC”. Le journal rajoute que « du moment, il n’a pas été démontré que l’implication des trois Marocains détenus dépasse l’achat et le trafic de téléphones mobiles ». Pour appuyer davantage la thèse de l’implication de l’ETA dont une éventuelle alliance avec les islamistes, “ABC” rappelle des antécédents de coopération de l’ETA avec d’autres organisations terroristes. « L’hypothèse d’une connexion ou implication de l’ETA avec des groupes d’origine islamiste ne surprendrait que partiellement les investigateurs puisqu’il existe des antécédents », affirme le quotidien connu pour ses positions conservatrices.
Des exemples sont ainsi rapportés pour appuyer cette affirmation de la coopération de la bande terroriste basque avec les terroristes chiliens du MIR dans l’enlèvement de l’homme d’affaires, Emiliano Revilla. « Aucune des implications de la bande avec ces faits n’a été revendiquée par l’ETA », rappelle ABC. En somme, la division de la presse espagnole sur ceux qui ont ordonné ou exécuté les actes barbares du 11 mars n’est que le reflet des différentes pistes qui sont analysées par les services de sécurité espagnols et marocains ainsi que ceux de la France, la Grande-Bretagne et l’Italie qui travaillent en parfaite coopération depuis quelques jours, afin de découvrir ensemble ce qui s’est réellement passé.

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