Transport aérien : Pourquoi les low-cost reviennent au Maroc

Transport aérien : Pourquoi les low-cost reviennent  au Maroc

Un avion de la compagnie aérienne Air Méditerranée est sorti de la piste de l’aéroport de Lyon samedi dernier, provoquant une suspension du trafic pendant plusieurs heures. L’appareil, un Airbus A321, assurait la liaison Agadir-Lyon, dans le cadre des activités de cette compagnie classée dans la catégorie des low-cost qui commencent à envahir le marché marocain. Au mois de février dernier, le gouvernement annonçait en grande pompe un accord signé avec la compagnie Ryanair qui souhaiterait faire du Maroc un hub pour ses activités. Qu’à cela ne tienne. Mais il se trouve que cette même compagnie avait quelques semaines auparavant claqué la porte, en grande pompe là aussi, en évoquant, entre autres raisons de son départ, le niveau élevé des taxes aéroportuaires appliquées par l’ONDA. Le fait est qu’entre temps, l’Office n’a pas baissé ses tarifs. Par quoi peut alors s’expliquer ce retour en force de Ryanair ? Quelques jours plus tard, une autre compagnie belge, Jetairfly, lui emboîtait le pas en annonçant elle aussi l’ouverture de nouvelles dessertes entre le Maroc et l’Europe. Certes, pour le gouvernement, et plus particulièrement le ministère du tourisme, comme pour les hôteliers et les professionnels du tourisme, la promotion de la destination Maroc passe inéluctablement par l’aérien. Ceci peut être vrai quand ces compagnies ouvrent des dessertes sur des villes touristiques comme Marrakech, Agadir, Fès, Ouarzazate ou Errachidia. Mais quid des liaisons vers des villes comme Nador ou Al Hoceima? Il ne faut pas se leurrer, les low-cost ont aussi dans leur viseur une autre catégorie de clientèle: les MRE. Il n’est pas étonnant donc de voir les compagnies low-cost s’activer à la veille de la période estivale, synonyme de retour en masse des MRE au Maroc pour leurs vacances, avant de mettre en veilleuse certaines lignes pendant la basse saison qui suit. «Les autorités marocaines chargées de la régulation de l’aviation civile ne réagissent pas; au contraire elles facilitent la tâche à ces transporteurs aériens d’occasion de sévir sur le marché en leur accordant, à chaque fois qu’ils demandent, les autorisations d’ouvrir des lignes même provisoirement sans aucune contrainte de régularité et sans aucune mesure de rétorsion», s’indigne un spécialiste du transport aérien.
Evidemment, du côté de la compagnie nationale, RAM, on peut deviner que tout ceci n’est pas vu d’un bon œil. «Il suffit d’analyser le trafic de la plupart de ce type de compagnies lorsqu’elles opèrent au Maroc et de voir les ouvertures de lignes annoncées en masse ces jours-ci. Est-ce un hasard qu’elles coïncident toutes avec la saison d’été ? Est-ce aussi un hasard que toutes choisissent les villes marocaines où il n’y a pas de tourisme mais qui, par contre, sont les lieux d’origine de grandes communautés de MRE, surtout que les liaisons sont effectuées avec Bruxelles, Amsterdam, Allemagne…?», s’interroge une source à la RAM. «Il faut être aveugle pour voir dans ces nouvelles lignes une possibilité de promotion du tourisme. Mais au-delà de la question de l’apport de ces compagnies aériennes pour le tourisme, le phénomène, suscite des inquiétudes plus sérieuses : la sécurité des vols et des passagers», martèle notre source. Comme tout le monde le sait, la quête d’économie des coûts fait que ces compagnies réduisent au minimum les services à bord comme à terre : pas de repas ni de services dans les avions, surtaxation des bagages… Mais la question à se poser est de savoir si la recherche à tout prix des économies ne risque pas de menacer d’autres aspects plus critiques comme la sécurisation des vols, les contrôles techniques, la maintenance… L’incident du vol d’Air Méditerranée le samedi dernier à Lyon sonne comme une alarme que les autorités marocaines devraient prendre au sérieux…

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