Une complicité dangereuse

L’avion transportant le Premier ministre israélien et son entourage a atterri à la base militaire d’Andrew aux environs de 23h00 locales (04h00 GMT).
Sharon devait rencontrer le président Bush jeudi et il doit se rendre ce vendredi à New York. Le chef du gouvernement israélien a déclaré mercredi avant son départ qu’il demanderait à M. Bush de « maintenir la pression » sur le président palestinien. Sharon entend aussi faire vibrer une fibre sensible aux Etats-Unis, en plaçant sa politique dans le cadre plus large de la campagne américaine contre le terrorisme international, en insistant notamment sur les dangers présentés par l’Irak et l’Iran. Mais, bien avant cela, les Israéliens ont donné le ton. Raanan jissin, le porte-parole de Sharon, a accusé pendant le vol, s’adressant à la presse, le président de l’autorité palestinienne Yasser Arafat d’être responsable d’une attaque mercredi sur une colonie juive de la vallée du Jourdain qui a fait trois tués israéliens, dont un bébé, et trois blessés.
« Yasser Arafat est entièrement responsable de cette tuerie car elle a été commise dans un territoire sous son contrôle », a-t-il commenté, ajoutant: « s’il (Yasser Arafat) ne remplit pas ses obligations, alors nous agirons ».Comme s’ils se privaient de le faire…
A la veille de la rencontre Bush-Sharon, Washington a, de son côté, réaffirmé sa volonté de faire pression sur Arafat, tout en continuant de travailler avec l’Autorité palestinienne. Le dirigeant israélien, dont ce sera la quatrième visite à la Maison blanche depuis son élection il y a un an, pourra se féliciter d’avoir convaincu l’administration américaine d’avoir soigneusement tenu en lisière M. Arafat, qui n’a pas encore rencontré le président Bush. Ariel Sharon « va s’assurer que l’approche américaine reste en phase avec celle d’Israël, c’est à dire qu’Arafat reste isolé tant qu’il ne se pliera pas aux demandes pour qu’il mette en terme à la violence », estime Theodore Feifer, spécialiste du Proche-Orient au US Intitute of Peace, un centre d’études internationales de Washington.
Celle-ci a récemment fait savoir que diverses mesures, comprenant notamment une fermeture du bureau de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) aux Etats-Unis, était à l’examen pour accentuer les pressions si nécessaire.
Les Etats-unis font également la sourde oreille au demandes palestiniennes de renvoi dans la région de leur émissaire, le général Anthony Zinni, tant que m. Arafat n’aura pas démontré sa volonté de sévir contre les groupes radicaux palestiniens. Pour sa part, le secrétaire d’Etat Colin Powell a appelé une nouvelle fois mardi M. Arafat, bloqué dans la ville de Ramallah par l’armée israélienne, à choisir « une fois pour toutes l’option de la paix contre celle de la violence ».
Et d’ajouter : « nous avons appelé le gouvernement israélien à prendre des mesures prévenant une nouvelle escalade et évitant d’entraver les efforts en vue d’une réduction de la violence ». On sait ce que cela veut dire et quel est le programme de la visite de Sharon.

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