Une coopération nommée CAS 2005-2009

Le « Country Assistance Strategy » ou CAS 2005-2009 est le programme stratégique que la Banque Mondiale a concocté pour le Maroc. Rendu public pour la première fois le 30 juin 2005, ce document, établi également pour de nombreux pays partenaires de l’institution financière, vise la mise en place des programmes de développement dans ces derniers. Dans le cas du Maroc, son principal objectif est d’aider le pays à relever ses principaux défis de développement et notamment « d’accélérer la croissance durable, créatrice d’emplois et de réduire la pauvreté et la marginalisation ».
D’emblée, le document se démarque des précédents programmes et stratégies développés jusque-là par les experts de la Banque Mondiale. « La principale différence entre la période actuelle du CAS (2005-2009) et la précédente (2001-2004) est que l’environnement politique et administratif est aujourd’hui plus favorable pour la mise en oeuvre des réformes institutionnelles. Tant au plus haut niveau de décision politique qu’à celui de la société civile, un sens de l’urgence de la réforme semble prévaloir », pourrait-on lire en introduction du document. Ce dernier établit en outre un diagnostic de la situation politique, économique et sociale du pays et dresse aussi un tableau des nombreux défis auxquels le Maroc doit faire face dans les prochaines années. Parmi eux les experts de l’institution de Washington citent la croissance économique atone du Royaume, la vulnérabilité de son économie à une pluviométrie variable, le faible niveau de ses indicateurs sociaux pour son niveau de revenu, le chômage élevé, et la pression croissante sur les ressources naturelles, l’eau en particulier. D’un point de vue macro-économique, les prestations du Maroc ont été sévèrement jugées. Avec l’apport décroissant des importantes recettes de privatisation qui devraient être substantiellement épuisées d’ici 2006, le budget de l’Etat risque de se trouver englouti par une masse salariale croissante qui a représenté environ 13% du PIB en 2004. Le poids des investissements exceptionnels, dédiés aux infrastructures, financés par le Fonds Hassan II, se fait également ressentir. A ceci s’ajoute une plus faible performance des recettes due à la réduction de certains droits d’importation. Après le diagnostic, le traitement.
A cet effet, l’appui de la Banque visera à atteindre cinq résultats essentiels pour améliorer la compétitivité de l’économie marocaine et donc son potentiel de création d’emplois : garantir la stabilité macro-économique, accroître l’efficacité de l’administration publique, accroître la création d’emplois dans le secteur privé, renforcer le rôle du secteur financier en tant que vecteur de croissance et développer la compétitivité du secteur agricole.

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