Une nouvelle crise au conseil de la ville de Casablanca

Une nouvelle crise au conseil de la ville de Casablanca

Le conseil de la ville de Casablanca vit une nouvelle crise. La charte d’honneur qu’avaient signée en janvier les membres du conseil pour débloquer une situation de conflit vécue depuis plusieurs mois n’a pas eu les effets escomptés. La session de février qui devait se tenir aujourd’hui sera tout simplement annulée. La cause en est un autre boycott de plusieurs membres du conseil qui se sont vu refusé par le président du conseil l’accès à des documents liés au budget du conseil. Mais selon Mohamed Brija, il n’est question que d’un retard lié à la livraison de ces documents aux membres du conseil et qui sera réglé et non d’un blocage. Mais plusieurs élus insistent : «La plupart des problèmes viennent du fait que le président s’est habitué à diriger le conseil de manière individuelle et ce depuis 2003. Aussi c’est depuis cette date que, sachant que plus des deux tiers des membres sont les mêmes qu’en 2003, nous appelons à ce que le président présente un rapport financier sans résultat», a indiqué à ALM Aziz Moumen, membre (Istiqlal) du conseil. Selon M. Moumen, Sajid a dépensé quelque 800 milliards de centimes du budget du conseil de manière individuelle et sans rendre compte à personne. Aussi pour ce qui est de l’année 2012, plus de 20 marchés ont été conclus par le président de manière expéditive et encore une fois individuelle. Un autre problème dénoncé par les parties qui ont signé la charte d’honneur est le non-respect de ses dispositions de la part de M. Sajid. Ainsi l’accord selon lequel la gestion du conseil de la ville se fera de manière participative n’a pas été appliqué. Les commissions spéciales chargées des grands dossiers de la ville et de la gestion déléguée qui devaient être constituées et réparties entre les différents partis n’ont pas arrangé tout le monde. A titre d’exemple, la nouvelle commission chargée du développement et de suivi des recettes dont la présidence est revenue au RNI a fait des mécontents, notamment au sein du PAM. Mustapha Rahin, membre sans appartenance politique, l’un des seuls à ne pas avoir souhaité signer la charte d’honneur, estime, quant à lui, que cette charte a été dès le début basée sur de mauvais fondements et n’avait pas comme but l’intérêt commun. «C’était un moyen pour permettre de faire participer tout le monde. Ainsi plusieurs nouvelles commissions ont été créées, notamment 12 au lieu de quatre, et les membres du bureau du conseil ont été augmentés pour atteindre 20 au lieu de 10. Tout ceci afin de satisfaire tout le monde, mais sans résultat». Même son de cloche pour M. Moumen : «Cette charte d’honneur a littéralement été une manœuvre fomentée par le président et ses complices pour gagner du temps et sortir le conseil de la ville de l’impasse». Et d’ajouter : «Ce genre d’exercice se fait au début de tout mandat non pas quelques mois avant les élections communales». Par ailleurs, pour les élus en colère, la ville de Casablanca connaît plusieurs problèmes. Outre leur traitement, le conseil de la ville a la responsabilité d’initier et de promouvoir de nouveaux projets. Or ni les problèmes sont véritablement réglés ni des chantiers sont ouverts selon eux. Le problème en est le manque de bonne gouvernance des revenus du conseil de la ville (voir encadré page 5). «Le tramway ainsi que le Grand théâtre de la ville, ou encore le projet du Carrefour de Sidi Maârouf sont tout simplement des projets initiés par l’Etat et dont la part de financement du conseil de la ville ne dépasse pas 10%», déplore M. Moumen.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *