USFP : Encore 48 heures de suspense

USFP : Encore 48 heures de suspense

Les usfpéistes auront ce week-end un rendez-vous avec l’histoire. Les militants du parti devront notamment choisir un successeur à Abdelouahed Radi, l’actuel premier secrétaire du parti. Mais le 9e congrès ne sera pas du tout facile. Plus, les observateurs et les militants eux-mêmes disent qu’il s’agit plutôt d’un congrès de la dernière chance. Et pour cause, l’USFP vit une véritable crise interne et politique depuis pratiquement cinq années. Ses scores dans les législatives de 2007 et 2011 l’ont placé à la cinquième position, loin derrière le PJD, l’Istiqlal, le RNI et le PAM. Le parti ne jouit plus du même capital sympathie auprès des foules et semble plus préoccupé par des questions d’ordre plutôt existentiel. Dans ce sens, le 9e congrès sera certes difficile, mais également très différent par rapport aux derniers congrès. C’est le premier congrès depuis des années qui se tient, alors que le parti a retrouvé son siège dans les rangs de l’opposition. «Aujourd’hui, le parti a rejoint l’opposition après de longues années de participation à la gestion de la chose publique. Des conclusions doivent être tirées et des nouvelles décisions doivent être adoptées. Cela dépendra bien évidemment des prochains dirigeants du parti», explique Abderrahim Manar Sellimi, politologue. Au départ, ils étaient cinq candidats pour le poste de premier secrétaire du parti. aujourd’hui, ils ne sont plus que quatre. En effet, Mohamed Talbi a retiré mercredi soir sa candidature. Il a fait part de sa décision lors de sa participation à une émission télévisée à laquelle ont également pris part les quatre autres candidats, à savoir, Habib El Malki, Fathallah Oualalou, Ahmed Zaidi et Driss Lachguar. Qui donc des quatre candidats pourra gagner la confiance des usfpéistes? En attendant de connaître les résultats du congrès, la mission de la prochaine équipe dirigeante s’annonce très difficile. Le futur premier secrétaire devra œuvrer pour redonner au parti son lustre d’antan avec comme premier grand test, et non des moindres, les prochaines élections communales et régionales. Cela veut dire que les prochains dirigeants devront se mettre au travail le plus tôt possible, car les élections pourraient avoir lieu en 2013. Autre mission très cruciale, la réconciliation avec le passé. Pour Manar Sellimi, le parti a perdu ces dernières années son modèle sur lequel les premiers fondateurs l’ont construit. «Le parti n’a plus le choix en quelque sorte. Soit il parviendra à retrouver la même ligne de conduite qu’avait le parti à l’époque de ses premiers fondateurs, soit il deviendra un simple parti de centre sans aucun rapport idéologique avec «l’Ittihad» des années 70, 80 ou 90», souligne-t-il. Il sera également question pour le prochain leader de retrouver le consensus au sein de la maison «ittihadie». Les dissonances sont, en effet, plus nombreuses et les retraits sont désormais courants. Trois membres du bureau politique, à savoir Mohamed El Achaâri, Ali Bouabid et Larbi Ajjoul, ont annoncé leur retrait de la course. Les initiateurs de la plateforme «L’Union pour l’avenir» ont mis en avant plusieurs raisons pour justifier leur retrait. Dans une lettre adressée aux militants du parti, ils ont estimé que «l’absence de conditions pratiques pour la réalisation d’un saut qualitatif dans le parcours du parti” ne permet pas de “réunir les conditions de modernisation du parti afin qu’il puisse recouvrer son rôle et sa place» au sein de l’échiquier politique national. Changeront-ils d’avis après le congrès ?

Habib El MalkI

Il fait partie de cette génération qui a fait les grands jours de l’USFP. Habibi El Malki rejoint d’abord l’UNFP un an après son inscription à l’université. Il était inscrit dans la filière des sciences économiques. Comme un grand nombre de jeunes dans les années soixante du siècle passé, El Malki est fasciné par la personnalité d’Abderrahim Bouaâbid. D’ailleurs, il se dit toujours qu’il est un pur produit de l’école politique de Bouabid. Il se distinguera par la suite dans ses études. Il obtiendra ainsi un doctorat en sciences économiques du Prix Réunion-Sorbonne en France en 1974. El Malki a par la suite occupé plusieurs postes au sein de son parti et du gouvernement parmi lesquels son élection en tant que membre du secrétariat régional du parti (1975), secrétaire général du Conseil national de la jeunesse et de l’avenir entre 1990 et 1996, membre du CCDH de 1990 à 2000, ministre de l’agriculture entre 1998 et 2000, ministre de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur en 2002. En plus de sa fonction en tant que professeur d’économie à l’Université Mohammed V de Rabat, il est également président du CCM.

Driss Lachguar

Driss Lachguar a toujours eu de l’ambition. Il a dans ce sens gravi tous les échelons pour devenir l’une des figures les plus en vue de l’USFP. Ce natif de Rabat en 1954 s’est fait remarquer par une présence plutôt controversée. Sa carrière politique prend un nouvel envol lorsqu’il devient président du groupe parlementaire du parti.
Driss Lachguar ne manque pas, à cette époque, d’audace dans la défense des idéaux du parti, de sa place et de son image de marque. Il se présente pour la première fois aux Législatives de 1993. Il parviendra à obtenir son premier mandat de députation la même année.
Sa prise de fonctions à la tête du groupe parlementaire coïncide avec l’expérience de l’alternance. Il deviendra membre du bureau politique de l’USFP à partir de 2001. Mais sa carrière connaît une nouvelle tournure en 2007 lorsqu’il échoue à se faire réélire à la circonscription de Rabat-Chellah. Mais il parviendra très vite à rebondir lorsqu’il intègre le gouvernement Abbas El Fassi en 2010, en tant que ministre chargé des relations avec le Parlement.

Fathallah Oualalou

Il fait partie de la première génération des leaders emblématique de l’USFP. Fathallah Oualalou a d’ailleurs pris part en 1972 à la création du parti. Sa carrière politique prendra son envol quelque temps seulement après la fondation de l’USFP. Elu conseiller municipal de la ville de Rabat et député à la Chambre des représentants pour les années 1977, 1984, 1993 et 1997, il sera le président du groupe parlementaire du parti entre 1993 et 1997, Oualalou se distingue au Parlement grâce à ses interventions aussi éloquentes qu’incisives lors des séances de discussion des projets de loi de Finances. A cette époque, l’USFP était la principale force de l’opposition. Puis vint l’expérience de l’alternance en 1997.  Il devient ainsi ministre des finances et de la privatisation dans le gouvernement El Youssoufi. Ses qualités d’économiste émérite lui permettent de rempiler pour un deuxième mandat consécutif sous le gouvernement Jettou dans le même ministère.
A noter que Fathallah Oualalou est maire de la ville de Rabat depuis 2009.

Ahmed Zaidi

Il a su s’imposer ces dernières années au sein de l’USFP en tant qu’élément incontournable. Dans ce sens, Zaidi est parvenu à diriger le groupe parlementaire du parti à la première Chambre pendant plus de cinq années. Homme de consensus et conciliant, il a accompli, avec succès, plusieurs missions qui lui ont été dévolues au sein de son parti mais également au sein du Parlement. Bien qu’il soit un militant de première heure au sein de l’USFP, il est surtout connu auprès du grand public pour avoir été pendant des années le présentateur du JT principal à la télévision publique. Zaidi a vu le jour en 1953 à Bouznika. Il fait des études en droit puis réussit le concours d’entrée à la TVM. Après une carrière bien remplie dans le journalisme, il décide de quitter définitivement la télévision en 1992 pour se consacrer entièrement à sa carrière politique. Une année après, il se présente pour les Législatives mais échoue à se faire élire une première fois. Il parviendra tout de même à prendre sa revanche lors des élections partielles quelque temps seulement après. Il enchaîne depuis cette date les mandats dans sa région natale.

 

 

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