Ça chauffe entre le Tchad et le Soudan

Le régime tchadien a violemment haussé le ton contre son voisin soudanais, qu’il accuse de soutenir la rébellion qui a juré sa chute, créant l’inquiétude pour le sort des 200.000 réfugiés soudanais du Darfour installés dans des camps de l’est du Tchad. Après avoir rompu les relations diplomatiques avec Khartoum, le président tchadien Idriss Deby Itno s’en est pris samedi personnellement à son homologue soudanais Omar El Béchir, qu’il a accusé de "génocide" au Darfour et qualifié de "traître".  "Je demande à toutes les grandes puissances, à l’Union africaine, aux Nations unies, à l’Union européenne, aux Etats libres épris de paix et de justice d’intervenir militairement pour sauver les populations du Darfour qui subissent le pire génocide de la part du président Béchir de Khartoum", a déclaré M.Deby lors d’un rassemblement de soutien à N’Djamena. "Il appartient à la communauté internationale de prendre toutes ses responsabilités pour régler le plus rapidement possible la crise du Darfour en mettant le Darfour sous mandat onusien", a poursuivi le chef de l’Etat tchadien devant plusieurs milliers de partisans. Véritable casus belli entre N’Djamena et Khartoum depuis trois ans, la crise du Darfour est considérée par le régime tchadien comme la principale source de déstabilisation de son pays, et les camps de réfugiés soudanais installés dans l’est de son territoire comme l’un des "réservoirs" des rebelles du Front uni pour le changement (Fuc) qui veulent le renverser. Une représentante du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) à N’Djamena, Ana Liria-Franch, a confirmé des cas de recrutements par les rebelles dans les camps, moyennant finances ou par la contrainte. Dans ce climat d’hostilité croissante entre les deux pays, la menace brandie par le président Deby d’expulser ces réfugiés inquiète de plus en plus, même si elle semble concrètement difficile à exécuter. Le Premier ministre tchadien Pascal Yoadimnadji a réitéré l’ultimatum samedi en donnant "jusqu’à fin juin 2006" à la communauté internationale pour leur trouver d’autres pays d’accueil.

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