Abbas appelé à former un nouveau cabinet après des heurts meurtriers à Gaza

Réunis en séance spéciale à Ramallah en Cisjordanie, les députés du Conseil législatif palestinien (CLP) ont adopté une motion enjoignant M. Abbas de mettre en place un nouveau gouvernement dans un délai de deux semaines.

Sur les députés présents, 43 ont voté en faveur de la motion, cinq contre et cinq autres se sont abstenus.

Contraignant, le texte voté appelle M. Abbas à mettre en place "un nouveau gouvernement transitoire jusqu’aux élections législatives", prévues le 25 janvier, selon le président du Parlement Rawhi Fattouh.

En début de séance, une commission parlementaire a recommandé l’adoption d’une motion de censure contre le gouvernement d’Ahmad Qoreë et le limogeage des chefs des services de sécurité, les rendant responsables de l’anarchie sécuritaire dans les territoires.

Les députés ont toutefois opté pour une motion appelant à la mise en place d’un nouveau cabinet au lieu de la motion de censure, ce qui permet à M. Abbas de garder M. Qoreë comme Premier ministre s’il le souhaite, a-t-on expliqué de sources parlementaires.

Le gouvernement actuel est en place depuis février 2005.

Depuis le début de l’Intifada, les territoires palestiniens ont sombré graduellement dans l’anarchie et des groupes armés y sévissent en toute impunité au nom de la "résistance". M. Abbas a promis à plusieurs reprises d’y mettre fin, sans grand succès.

Ainsi dimanche, trois Palestiniens, un officier de police et deux civils, ont été tués à Gaza lors de heurts entre la police palestinienne et des activistes armés du mouvement radical Hamas.

En signe de protestation, des dizaines de collègues de l’officier tué ont fait lundi irruption au siège du CLP à Gaza alors que les députés de ce territoire assistaient par vidéoconférence à la séance parlementaire en cours à Ramallah.

Ils ont scandé des slogans dénonçant le manque d’action de l’Autorité palestinienne face à l’anarchie sécuritaire. Certains d’entre eux ont tiré en l’air dans la cour du bâtiment et la séance a été momentanément interrompue.

La police palestinienne a considérablement renforcé lundi sa présence à Gaza, multipliant les patrouilles dans les différents quartiers.

La sécurité était particulièrement stricte aux abords du commissariat central de police où des policiers masqués d’une unité spéciale ont été déployés et les rues attenantes fermées à la circulation.

Le porte-parole du ministère de l’Intérieur Tawfiq Abou Khoussa a pour sa part affirmé que la police poursuivrait, malgré les heurts de dimanche, "sa campagne visant mettre fin au port d’armes" en public, lancée la semaine dernière.

Qualifiant ces heurts de "catastrophe", Mahmoud Abbas a réitéré lundi son appel à la fin du "phénomène du port d’armes".

"Le port d’armes pouvait être justifié sous l’occupation mais maintenant que l’occupation est partie, personne ne doit se promener dans la rue avec un fusil ou une grenade", a-t-il dit en recevant une délégation dans son bureau.

Par ailleurs, l’armée israélienne a arrêté quarante activistes palestiniens du Hamas et du Jihad islamique durant la nuit de dimanche à lundi dans les régions de Ramallah, Bethléem et Naplouse, en Cisjordanie, a annoncé une porte-parole militaire.

Ces interpellations ont porté à quelque 480 le nombre d’activistes arrêtés en Cisjordanie depuis le 25 septembre. Quelque 200 des personnes arrêtées ont été placées en détention administrative pour des périodes allant de un à six mois, selon une source militaire israélienne.

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