Abbas joue la carte du dialogue

Abbas joue la carte du dialogue

«Nous allons au devant d’une catastrophe». Cette phrase lancée par le leader palestinien, Mahmoud Abbas, au terme de sa visite à Paris résume à elle seule la gravité de la situation dans les territoires palestiniens : une crise financière aiguë après le gel des aides américaines et européennes à l’Autorité palestinienne doublée d’un isolement au niveau international du gouvernement dirigé par le mouvement Hamas. En un mot, le chaos total. Combien de temps encore, l’Autorité palestinienne va-t-elle résister ?
La situation se détériore de jour en jour. Le temps est désormais compté pour le président palestinien pour trouver une issue à la crise dont les dégâts politiques et surtout humanitaires risquent d’être catastrophiques.
Après avoir menacé de destituer le nouveau Premier ministre Ismaïl Haniyeh, le dirigeant palestinien change de ton et joue une dernière carte, celle du dialogue.
À la fin de sa tournée, qui avait pour but de collecter des fonds tout en court-circuitant les réseaux du Hamas, mahmoud Abbas a adressé officiellement samedi des invitations pour un dialogue national palestinien le 2 mai pour discuter des moyens de sortir de l’impasse économique et politique.
Le dialogue, qui doit regrouper notamment des membres du Comité exécutif de l’OLP, des membres du gouvernement issu du mouvement radical Hamas, du chef du Parlement, des représentants de groupes armés et des indépendants, doit durer jusqu’au 4 mai.
Les réunions se tiendront dans les bureaux de la présidence de l’Autorité palestinienne à Ramallah et à Gaza, qui seront reliés par vidéoconférence, précise le texte. Les responsables du Hamas, dont le Premier ministre Ismaïl Haniyeh, sont interdits de se déplacer de Gaza en Cisjordanie par Israël.
Les invitations ont été lancées aux membres du Comité exécutif de l’OLP, au Premier ministre et aux ministres, à la présidence du Conseil législatif, à des représentants des groupes et des factions (armés) ainsi que des représentants d’hommes d’affaires, de chefs d’universités, de présidents de municipalités, de rédacteurs en chef de journaux locaux et à un nombre de personnalités indépendantes et de représentants d’organisations populaires.
Les participants discuteront «de la protection de l’Autorité nationale, du renforcement de l’unité nationale, des moyens de faire face au blocus imposé à notre peuple et de la réactivation du rôle de l’Organisation de libération de la Palestine dirigée par M.Abbas», peut-on lire sur une copie de l’invitation.
Boycotté par l’Occident et privé d’aide, le gouvernement issu du Hamas, un mouvement considéré comme terroriste par Israël, les Etats-Unis et l’Union européenne, fait face à une grave crise financière et n’a pas été en mesure de verser les salaires des fonctionnaires pour les deux derniers mois.
Le gouvernement Hamas entretient en outre des rapports quelque peu tendus avec M.Abbas, issu du mouvement Fatah, qu’il soupçonne de vouloir entraver son action et d’empiéter sur ses prérogatives.
L’UE, principal bailleur de fonds des Palestiniens avec 500 millions d’euros par an, a suspendu ses aides financières après l’entrée en fonction en mars du gouvernement issu du mouvement islamiste Hamas, ce qui a laissé l’Autorité palestinienne au bord de la faillite.

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