Abdelhakim Dekhar, le tireur fou de Paris, prétendait être un espion algérien…

Abdelhakim Dekhar, le tireur fou de Paris, prétendait être un espion algérien…

Fin de la folle cavale du tireur fou qui fait trembler Paris depuis plusieurs jours. L’homme à l’origine de plusieurs attaques, notamment au siège du journal libération, a été arrêté par les forces de l’ordre.

Mercredi soir, le parquet de Paris annonçait qu’un homme, soupçonné d’être à l’origine de plusieurs attaques à Paris, a été arrêté.

Repéré vers 19H00 (18h00 GMT) dans un véhicule stationné dans un parking souterrain de Bois-Colombes (banlieue ouest de Paris), le suspect a été retrouvé semi-inconscient, sans doute suite à la prise de médicaments. Localisé grâce au témoignage d’un homme qui l’hébergeait de temps en temps, l’homme a pu être interpellé rapidement et évacué vers les urgences. Il présente de fortes ressemblances avec le tireur repéré sur les caméras de vidéo surveillance.

Quelques heures plus tard, le ministre français de l’Intérieur, Manuel Valls, qui s’exprimait devant le siège de la police judiciaire parisienne, indiquait  que le suspect « est bien Abdelhakim Dekhar, condamné dans l’affaire Florence Rey ».

« Tout semble montrer qu’il a tenté de se suicider » peu avant d’être interpellé par les enquêteurs de la brigade criminelle, a expliqué le ministre français de l’Intérieur Manuel Valls. « Il va falloir connaître le parcours de cet individu » pour ensuite « connaître toutes (ses) motivations », a-t-il expliqué.

Qui est Abdelhakim Dekhar ?

Abdelhakim Dekhar, 48 ans, était bien connu jusqu’à présent pour être le « troisième homme » de l’affaire Rey-Maupin. Pour rappel, la dite affaire est une fusillade au cours de laquelle cinq personnes, dont trois policiers, ont été tuées en 1994. Abdelhakim Dekhar avait été blanchi de l’accusation d’attaque à main armée, mais condamné à quatre ans de prison pour « association de malfaiteurs ». En effet, c’est lui-même qui avait acheté dans un grand magasin parisien, le fusil à pompe qui avait servi à Florence Rey et Audry Maupin pour attaquer une fourrière. Il avait été libéré immédiatement après le procès, en octobre 1998, alors qu’il était âgé de 33 ans.

Utilisant le pseudonyme de Toumi, il était bien connu des services de police pour fréquenter assidument, dans les années 90, les squats de Paris fréquentés par la gauche radicale. Interrogé lors du procès de Florence Rey, Abdelhakim Dekhar affirme alors qu’il est en fait une espion, un agent en mission de la Sûreté militaire algérienne, chargé d’infiltrer les milieux autonomes pour en débusquer d’éventuels intégristes.

Mais des témoins de l’affaire le décrivent à leur tour comme le mentor du couple de criminels, et affirment qu’il aurait manipulé les deux jeunes gens pour les pousser à commettre ce crime. 

Du côté de ses avocats qui le défendaient à l’époque, plus question de le soutenir. A l’AFP, son ancienne avocate, Me Emmanuelle Hauser-Phélizon confie « C’est un homme énigmatique, étrange (…), « Je n’ai jamais très bien su qui il était. Il disait qu’il était agent des services français ou algériens. Il était très secret, ne se révélait pas. »  Même son de cloche du côté de son autre avocat, Me Raphaël Constant, qui  se souvient qu’il « disait avoir été piloté par son oncle, responsable des services secrets algériens ». « Il prétendait avoir reçu pour mission d’infiltrer l’ultra-gauche qui aurait eu des accointances avec les islamistes et le GIA algérien », ajoute-t-il.

Suite au procès, l’homme avait complètement disparu de la circulation. Selon le ministre Manuel Valls, Abdelhakim Dekhar était « probablement parti à l’étranger » depuis plusieurs années et n’était pas dans les fichiers de police.

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