Al Qaïda revendique les attentats d’Alger

Soixante-sept personnes ont péri mardi à Alger dans deux attentats à la voiture piégée revendiqués par Al Qaïda au Maghreb islamique, selon une source proche du ministère algérien de la Santé. Le bilan officiel donné mardi soir par les autorités était cependant moins lourd – 26 morts et 177 blessés. Ce double attentat suicide a été revendiqué sur un site Internet islamiste par Al Qaïda au Maghreb islamique, l’ex-Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC). Celui-ci avait déjà revendiqué un attentat similaire commis en avril à Alger et d’autres perpétrés à l’est de la capitale au cours de l’été. «Les deux attaques de mardi, précise Al Qaïda, ont été menées par Abdoul-Rahman al Aasmi et Ami Ibrahim Abou Othman». Le site publie des photos des deux kamikazes, portant des fusils d’assaut.
L’une des explosions de mardi visait le siège du Conseil constitutionnel, dans le quartier de Ben Aknoun. L’autre s’est produite dans le quartier de Hydra, à proximité d’un commissariat et de bureaux algérois du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et du Haut Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés (HCR).
«Je n’ai aucun doute que l’Onu était visée», a déclaré à la BBC le Haut commissaire Antonio Guterres. Aux Nations unies, la porte-parole Marie Okabe a dit craindre que cinq membres de l’organisation aient été tués dans l’explosion et a précisé que 14 employés n’avaient toujours pas donné de leurs nouvelles.
«Selon nos premières informations, mais rien n’est confirmé, nous pensons maintenant qu’il pourrait y avoir cinq morts parmi les membres de l’organisation», a-t-elle dit. «Au total, nous essayons de recueillir des informations sur ce que sont devenues 14 personnes», a-t-elle poursuivi. Auparavant, un porte-parole des Nations unies avait indiqué qu’un membre du HCR comptait parmi les tués et que 13 autres employés – dont un du HCR – étaient portés disparus.
A l’étranger, Benita Ferrero-Waldner, commissaire européenne aux Relations extérieures, s’est déclarée «épouvantée par ces actes odieux contre des civils» qu’elle a condamnés «dans les termes les plus vigoureux». A Washington, George Bush a imputé ces attaques à «des ennemis du monde civilisé».
«Je ne sais pas qui a fait cela. Mais quiconque frappe ainsi des innocents (…) et des gens, comme ceux des Nations unies, qui viennent en aide à la population d’Alger, est un ennemi du monde civilisé dont il faut s’occuper», a dit le président américain dans une interview à ABC News. Plusieurs attentats ou tentatives d’attentats sont survenus un 11 du mois, ce qui représente, selon certains, une forme d’hommage de leurs auteurs aux attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.

Lamine Chikhi (Reuters)

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