Algérie : après l’UE, l’OTAN

Affaire conclue. Le président algérien Bouteflika a bel et bien paraphé mercredi soir l’accord d’association qui lie désormais son pays et l’Union européenne, dans le cadre d’un système de libre-échange d’ici 2010. Qualifié «d’historique», cet accord a finalement abouti après plusieurs années de négociations difficiles entre les deux camps. Plus inespéré, il est en passe de permettre à l’Algérie d’élargir encore plus son ouverture internationale via une organisation non moins influente, celle de l’OTAN. L’Algérie, partenaire de l’Organisation du Traité Atlantique Nord? L’objectif initié il y a quelques années, a en effet été sérieusement remis à l’ordre du jour par la visite d’Abdelaziz Bouteflika, jeudi, au siège bruxellois de l’OTAN. Le président algérien s’y est entretenu avec le secrétaire général de l’organisme, George Robertson, sur les dernières retouches à apporter dans le cadre d’un accord de sécurité qui devrait être signé en janvier prochain à Bruxelles. Au menu des discussions relevant de la «haute importance», selon le représentant de l’OTAN : la coopération de l’Algérie avec la coalition antiterroriste, née juste après les attentats du 11 septembre 2001. Selon la presse algérienne, des militaires algériens auraient déjà été «activement» sollicités pour «jouer un rôle dans les prochaines missions de paix en Afrique et dans le monde arabe, et pour leur expérience dans la lutte contre les groupes islamistes en Europe et aux Etats-Unis». Le chef de file de l’organisation étant Washington, il était évident que les tractations avec Alger allaient rentrer dans le cadre d’une sécurité renforcée dans le bassin méditerranéen… L’Algérie, qui subit et affronte le terrorisme sur son territoire depuis plus de dix ans, a d’ailleurs toujours plaidé au niveau international pour une coordination efficace contre ce phénomène. L’accord qu’elle est en passe de signer devrait lui permettre de s’approvisionner en armements auprès des membres de l’Alliance et de faire bénéficier les militaires algériens de formation consacrée à la sécurité. Après six ans de dialogue, la signature d’une convention de plus en plus imminente, fait suite à des progrès significatifs accomplis ces deux dernières années. Entamées en 1994, les discussions entre l’Algérie et l’OTAN avaient tout d’abord abouti aux premiers contacts officiels en 1999, entre experts et hauts responsables. Avait suivi l’adhésion, en 2000, de l’Algérie au Dialogue méditerranéen, sorte de coopération politique avec l’OTAN, auquel participent également Israël, l’Egypte, la Jordanie, le Maroc, la Mauritanie et la Tunisie. Relancé avec la nouvelle donne internationale consécutive aux attentats du 11 septembre, le projet d’accord devrait donc se concrétisé dès le mois prochain. A moins que les deux camps ne puissent se mettre d’accord…

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