Algérie : mourir pour un toit

Algérie : mourir pour un toit

Des émeutes ont éclaté la semaine dernière à Bridja (banlieue ouest d’Alger) où 18 personnes avaient été arrêtées, a rapporté le quotidien «Liberté» d’Algérie.
Des familles habitant à proximité d’une nouvelle cité, dont les travaux ne sont pas encore achevés, ont squatté des logements dans les trois immeubles de la cité. Ces familles se plaignaient des mauvaises conditions de leurs anciennes habitations. Ces trois immeubles squattés par les émeutiers sont fraîchement construits dans le cadre du logement participatif. Ils ont estimé que ces immeubles leur reviennent de droit et qu’ils sont prioritaires dans l’attribution de logements dans le quartier par rapport à d’autres postulants. Les éléments de la gendarmerie algérienne ont ensuite investi les lieux. Appelés par le wali-délégué de la circonscription, les gendarmes avaient comme mission de faire évacuer lesdites familles. C’est à ce moment là où les violences ont éclaté. Encerclés par les forces de l’ordre, les émeutiers ont essayé de les repousser par tous les moyens. Armés de pierre, de cocktails Molotov et de bombes lacrymogènes, les émeutiers ont blessé onze membres de la gendarmerie. 
Les affrontements se sont soldés aussi par plusieurs dégâts matériels causés dans les trois immeubles en cours de finition.
Les squatteurs ont détruit aussi du matériel de plomberie et de peinture, laissé sur place par les entrepreneurs. Les personnes arrêtées par les éléments de la gendarmerie vont être présentées devant la justice. Elles risquent d’être poursuivies pour acte de vandalisme et vagabondage. Lors de leur intervention, les gendarmes ont confisqué des armes blanches des  émeutiers. Selon la presse algérienne, les éléments de forces de sécurité ont saisi deux sabres, des couteaux, des barres en fer, cinq cocktails Molotov et deux bombes lacrymogènes. Ces émeutes ne sont pas les premières du genre. En effet, le logement a suscité une grande polémique dans le pays de Bouteflika. Le séisme qui a frappé l’Algérie, en mai 2003, a levé le voile sur plusieurs problèmes concernant le secteur de l’immobilier en Algérie. En raison de la mauvaise qualité du matériel utilisé par les constructeurs, les habitations se sont écoulées comme des châteaux de cartes. Les autorités algériennes ont dénombré 2 450 victimes et plus de 10 261 blessés. Un bilan énorme. Plusieurs observateurs ont déclaré que le pire aurait pu être modifié si les constructions avaient respecté certaines normes. Actuellement, le secteur de logement en Algérie souffre d’une crise grave. Des investissements insuffisants et des pratiques illicites de plus en plus courantes ne cessent de pénaliser un secteur déjà mal en point.

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