Algérie : Une guerre qui n’en finit pas

Le 1er novembre 1954 était proclamé le Front de libération nationale (FLN), qui fixe les objectifs de la lutte armée pour l’indépendance nationale par la restauration de l’Etat algérien souverain. Une vague d’attentats contre les Français en Algérie marque le début de la guerre. Le 5 novembre, le gouvernement français envoie des renforts militaires en Algérie. Après une guerre sanglante, qui durera sept ans, près d’un million de Français seront rapatriés entre mars et septembre 1962.
Le reste des inconditionnels partira après l’annonce, en octobre 1963, par le président Ahmed Ben Bella, élu en septembre, de la nationalisation des biens des colons français en Algérie. Le laborieux édifice mis en place par les accords d’Evian, prévoyant le maintien d’ «une forte minorité française» en Algérie, commence, peu à peu, à s’écrouler avec la radicalisation du régime algérien «socialiste», notamment l’arrivée au pouvoir du colonel Houari Boumediène, le 19 juin 1965, après un coup d’Etat contre Ben Bella. Quatre décennies après son indépendance acquise dans le drame à l’issue d’une guerre de plus de sept ans contre la France, l’Algérie traverse une crise sociale profonde sur fond de violences des groupes islamistes armés et d’accrochages entre islamistes et militaires.
Depuis le début des violences en 1992, plus de 100.000 personnes ont été tuées en Algérie, selon un bilan officiel. Des violences qui ont commencé après l’annulation, en décembre 1991, des premières législatives pluralistes remportées par le front islamique du salut (fis, dissous) et se poursuivent aujourd’hui avec plus de 700 morts depuis le début de l’année. Aujourd’hui, l’Algérie n’arrive toujours pas à attirer les investisseurs étrangers et connaît un chômage dramatique, notamment parmi les jeunes qui, officiellement, touche 30% de la population active.
La démographie galopante, qui a fait passer l’Algérie de 10 millions d’habitants en 1962 à 31 millions en 2002, a largement accentué le phénomène, entraînant une paupérisation de la population, dont la moitié vivrait aujourd’hui en dessous du seuil de pauvreté.
Cette situation a été un terreau fertile pour les Islamistes. L’armée a cependant contenu puis fait reculer dans une certaine mesure les maquis armés.
Le passage à l’économie de marché, réaffirmé avec force par le président Abdelaziz Bouteflika depuis son élection en avril 1999, se concrétise difficilement en raison des pesanteurs bureaucratiques dénoncées régulièrement par le chef de l’Etat.
Paradoxalement, le FLN, redevenu la première force politique du pays en remportant la majorité absolue aux élections législatives du 30 mai dernier, se présente aujourd’hui comme le parti qui va engager l’Algérie dans la mondialisation. Ali Benflis, Premier ministre depuis août 2000, a affirmé sa «ferme volonté» de réussir ce passage dans la modernité. Il n’a eu de cesse, ces dernières semaines, de souligner que le FLN devrait être désormais un parti ouvert à toutes les compétences, en particulier aux jeunes et aux femmes. Le gouvernement, qui vient d’être renouvelé, comprend d’ailleurs cinq femmes, alors que l’équipe précédente n’en comptait aucune.
Lors du premier conseil des ministres de ce nouveau gouvernement, tenu le 22 juin, M. Bouteflika a insisté pour que soit concrétisée au plus vite la réforme financière qui «constitue l’une des conditions déterminantes de la relance économique». Mais les choses ne sont pas si simples. Car, sur le plan politique, l’Algérie a toujours vécu sous la coupe de l’armée, laquelle est aujourd’hui sous les feux des projecteurs, notamment depuis la parution du brûlot de l’ancien officier Habib Souaïdia, «La sale guerre», où il accuse les militaires de tortures et d’exécutions sommaires, notamment à l’égard de membres du Front islamique du salut (FIS, dissous). Pour laver l’honneur de la grande muette, le général Khaled Nezzar a intenté un procès pour diffamation à l’ancien sous-lieutenant de l’Armée de libération nationale (ALN).

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